Voyages

Nouveau design, nouvelle disposition, nouveau contenu by Niels Ackermann

On est en février et comme promis le site change d'apparence. Il reste bien sûr un tas de petits détails qui devront encore être corrigés, mais dans l'ensemble  ça m'a l'air de fonctionner. Ce qui change: j'ai séparé le blog du portfolio. Pour moi, les deux pouvaient toujours aller de pair, mais un ami m'a fait remarquer que cela n'allait pas forcément de sois pour mes clients potentiels (essentiellement des iconographes). Le lendemain, je rencontrais justement une iconographe qui m'a dit en voyant mon nom «ah, je connais votre site, je l'avais consulté avant d'acheter un macbook air», mais elle n'avait pas vu mon travail photographique. Par cette séparation entre travail photo et blog, j'espère donc apporter un peu plus de clarté à ces deux aspects de mon site.

J'aime bloguer, quand j'en trouve le temps, et mes critiques d'appareils technologiques sont généralement appréciées. Il n'y avait donc aucune raison d'arrêter d'en faire.

Avec un peu de chance, cette séparation me permettra aussi de développer plus à fond les deux aspects: un portfolio plus complet qui permettra à des iconographes, journalistes ou autres personnes curieuses sur mon travail d'en voir plus et dans de meilleures conditions, et un blog sur lequel je pourrai adopter un ton moins formel.

J'ai profité de la mise à jour pour ajouter quelques fonctionnalités qui faisaient défaut, comme un moteur de recherche ou une navigation paginée dans les archives.

Si tout va bien, dès lundi je pourrai vous raconter quelques anecdotes de mon nouveau périple ukrainien. Je décolle en effet demain matin pour deux nouvelles semaines à Kiev et dans les environs. Vu le climat ambiant, le sac est plein d'habits bien chauds.

PS: Une transition comme le fait de passer le blog de nack.ch à nack.ch/blog, si elle peut paraître anodine, implique quand même quelques soucis vis-a-vis des liens et autres. J'ai mis en place des redirections pour mes principaux articles vers leur nouvel emplacement, donc normalement tout devrait se passer sans encombres pour vous. Par contre, il est possible que les personnes abonnées à mon flux RSS rencontrent des problèmes. J'ai aussi mis une redirection, mais je ne suis pas certain qu'elle marche avec tous les aggrégateurs. Si jamais, la nouvelle URL de mon flux RSS est: http://nack.ch/blog/feed

Crouïc! by Niels Ackermann

4e passage au festival de Dour. À force, on sait plus trop quoi prendre en photo qu'on n'ait déjà pas pris en photo les années précédentes. J'avais songé durant un moment que je pourrais montrer le boulot de la croix rouge sur place en me faisant porter sur un de leur brancards à travers le festival, mais je me suis dit que ça leur ferait perdre du temps inutilement. Finalement, le dernier jours, à une demie heure de mon départ prévu, j'ai réussi à me faire une méchante entorse en enjambant une barrière. Du coup je l'ai quand même ma série sur la croix rouge.

Là depuis, ça va mieux. D'ici une semaine je pense que j'aurai totalement récupéré.

Dans la forêt tropicale pour le Financial Times by Niels Ackermann

Il y a à peu près un mois, le Financial Times m'a contacté pour savoir si j'étais disponible pour un portrait dans la forêt tropicale. Après m'être assuré que cela ne pose pas de problème à l'organisation qui m'envoie ici (le reportage a été réalisé sur mon temps libre, durant un jour férié suivi du week end), j'ai accepté. C'est pas souvent qu'un journal financier a besoin d'un portrait dans cette région du monde.

Le sujet était Marguerite, une femme de l'ethnie des Baka. Il y a un an, elle a été invitée à l'exposition florale de Chelsea pour sensibiliser la population anglaise aux problèmes rencontrés par les populations vivant dans les forêts. La forêt où les pygmées vivent a été vendue à des entreprises d'exploitation de bois sans tenir compte de leur présence, les repoussant en bordure de routes et leur ôtant du même coup leur capacité à vivre de manière autonome.

Le voyage à l'est du pays était long (en comptant les attentes, entre Douala et Abong Mbang, il faut bien compter 12h par trajet), mais ce qui était le plus pesant, c'est que certaines personnes (souvent les policiers) voient en chaque blanc une occasion miraculeuse d'arrondir leurs fins de mois. Heureusement, j'étais bien accompagné, avec les membres du Centre pour l'Environnement et le Développement (CED), l'ONG qui travaille avec le village de Marguerite, qui connaissent bien leurs droits et m'ont évités de tomber dans bien des pièges. Je rencontre ce type de problèmes régulièrement à Douala, mais je ne m'attendais pas à ce qu'en sortant des villes, ils soient encore plus présents. Il semble que ce ne soit pas le cas à l'ouest du pays.

L'article peut être lu en ligne sur le site du Financial Time, et il y a un petit slideshow avec quelques autres images.

Pour mes confrères qui se demanderont certainement comment le Financial Time (avec lequel je n'avais jamais travaillé) savait que j'étais au Cameroun, j'ai un conseil à donner. Toujours faire savoir où vous êtes quand vous vous déplacez. Soit via votre site web (le mien étant bien référencé, ça peut aider), soit via des sites utilisés par les rédactions comme par exemple Lightstalkers. C'est semble-t-il via ce dernier site que la rédaction m'a trouvé.

EDIT: On m'informe dans mon oreillette que lightstalkers n'accepte les inscriptions que sur invitation. Si vous avez besoin d'une invitation, mettez un commentaire avec une adresse mail valide (elle est pas visible publiquement, mais comme ça je peux vous envoyer l'invit).

Protéger son matériel photo dans une région humide by Niels Ackermann

À quelques semaines de la fin de mon séjour au Cameroun, le moment pour un petit "do's and don'ts" concernant le stockage du matériel photographique en région tropicale (donc humide) me semble adéquat. Pour vous donner une idée, dans ma maison (qui n'est hélas pas climatisée) à Douala, l'humidité relative varie entre 68% quand il fait très chaud et 86% aux pires moments. Et la température oscille entre 28 et 35°C (à 28°, il m'arrive désormais de regretter de ne plus avoir de pull...). Des conditions idéales pour transformer à peu près n'importe quoi en yaourtière, y compris votre précieux matériel photo. Pas forcément en un jour, mais en quelques semaines sans trop de doutes. Ma première tentative de régler le problème s'est avérée être un fiasco total: je stockais dans un sac étanche (Sea To Summit Dry Sack) mon boitier et mes objectifs avec un gros sachet de silicagel que j'utilisais depuis des années (et pour lequel je n'avais aucun moyen de vérifier s'il était sec). Deux semaines plus tard, en ouvrant le sac, j'ai constaté que la sangle était couverte de moisissures... Des champignons avaient aussi commencés à se former sur les filtres UV des objectifs et derrière les vitres protégant les écrans de mon 5d II... Certains champignons attaquant le verre de manière irrémédiable, il était impératif de passer à une méthode plus efficace, sous peine de voir environ 7'000 CHF de matériel pourrir sous mes yeux. En accumulant différentes informations sur les conditions cadres dans lesquelles se forment ces moisissures, et en profitant d'un passage en Suisse à Noel pour récupérer quelques commandes ebay, j'ai pu revoir ma stratégie pour quelque chose de radicalement plus efficace:

La boîte

Adieu le sac étanche (il me servira certainement un jour cela dit), je range désormais tout le matériel dans une grosse boite hermétique transparente. Tout ce que j'ai trouvé à Douala, c'est une boîte Curver de 12 L. La lumière semble être un premier ennemi des moisissures, donc une boîte transparente exposée au soleil devrait permettre d'éviter de créer des conditions favorables à la prolifération. J'avais aussi rapporté de Suisse des boites hermétiques de la migros (les topline de 0.75L). Leur contenance est idéale pour bien ranger les disques durs externes et leurs câbles. Eux aussi risquent de voir leur durée de vie réduite à cause de l'humidité.

La déshumidification

À l'intérieur de notre boîte, il nous faut encore réduire le taux d'humidité à un niveau plus recommandable pour stocker du matériel photo (environ 40%). Pour ça, la meilleure solution reste le silicagel. Mais il existe différentes options. Contrairement à d'autres désicants, le silicagel présente l'intérêt de pouvoir être régénéré en le chauffant pendant quelques heures. Certaines préparations à base de silicagel contiennent même un indicateur coloré qui les fait passer du bleu quand il est sec au rose quand il est humide (et inversement quand on le régénère). Si vous savez que vous aurez un four sous la main, la solution d'hydrosorbent est fantastique. Un petit container métallique avec 40g de silicagel avec indicateur coloré. A environ 5$ pièces, on peut en prendre plusieurs et en glisser un peu partout (sac photo, rangement des disques durs externes etc). J'en garde toujours un neuf dans son emballage pour une éventuelle urgence, comme un appareil qui tomberait dans l'eau par exemple. En 3h à 100°C au four, ils sont secs. La petite vitre au milieu permet de vérifier la couleur de l'indicateur coloré. Et ça marche bien!

Et si vous n'avez pas de four mais de l'électricité, Eva Dry propose des packs un peu plus massifs, mais équipés d'un corps de chauffe et d'une prise (format US, mais compatible 220V). 8h sur le courant et c'est sec. De nouveau l'indicateur coloré permet de vérifier. Avec ça, l'humidité dans ma boîte oscille entre 26% (quand le pack vient d'être régénéré) et 46%. J'ai posé un petit hygromètre à l'intérieur pour vérifier, on en trouve pour pas cher chez Dealextreme, alors je voyais pas pourquoi me priver de cette information.

Si vous n'avez ni four ni électricité, vous pouvez toujours opter pour les hydrosorbent et essayer de les régénérer autrement (près d'un feu de bois, sur le couvercle d'un barbecue etc), mais vous risquez de flinguer l'indicateur coloré si la température est trop haute.

La solution confort

Un autre moyen efficace de réduire l'humidité dans une pièce, c'est la climatisation. Si vous stockez votre matériel dans une pièce toujours climatisée, vous n'avez pas trop de soucis à vous faire. Mais cette solution n'est pas la meilleure à mon avis: dans un pays comme le Cameroun, les coupures de courant sont trop fréquentes et peuvent durer trop longtemps pour s'en contenter comme unique solution. De plus, si vous refroidissez votre matériel, en l'utilisant à l'extérieur trop rapidement après l'avoir sorti de chez vous, il risque de se recouvrir de condensation très rapidement.

Les autres équipements électroniques (ordinateurs etc) risquent aussi de souffrir de l'humidité, mais pour des questions pratiques, je n'ai pas pris de mesures particulières concernant le rangement du mac. Je le nettoie régulièrement avec une bombe d'air comprimé. C'est d'ailleurs peut-être là un des seul défaut de mon nouveau MacBook Air: ses vis (des Torx avec les bouts arrondis) sont très exotiques et je ne peux donc pas ôter le capot inférieur pour déloger efficacement la poussière.

Batteries pleines. by Niels Ackermann

Après deux semaines de break surprise dans la neige, c'est le retour à Douala. Au début, je dois dire qu'abandonner un confort que j'identifie désormais mieux m'enchantait peu, mais l'arrivée était heureusement bien plus sympathique que la première. Maison clean, stocks de nourriture que j'avais fait avant le départ toujours là (même un morceau de pâté que j'avais oublié au frigo qui peut désormais servir d'arme biologique), silicagel à profusion... En avant la musique! En route, j'ai même eu droit à quelques vues assez impressionnantes.

Entre Genève et Zurich

Au dessus des Alpes

Au dessus du désert. Les étoiles en haut en fait c'est des poussières sur le hublot. Je trouvais ça classe.

Et au Collège, le premier jour de cours a commencé par une impressionnante assemblée faisant suite au décès d'un des élèves qui a été attaqué par un de ses camarades armé d'une barre en fer dans une rue toute proche.

PS: Toutes ces photos sont faites avec mon Canon S90. J'avais oublié le plaisir de travailler avec un petit (vraiment petit) compact.

Colorado Plus by Niels Ackermann

Grâce à son cours de danse, qui se tient dans le même immeuble du quartier chic de Bonapriso, Verena (ma colocataire) m'a fait découvrir le Colorado Plus. Une improbable et surprenante piscine intérieure qui organise aussi des défilés et divers événements festifs.

Je profite de partager ces quelques photos pour essayer un nouveau système de slider. Il pourrait éventuellement remplacer mon système actuel dans le portfolio. J'aurais aimé avoir vos remarques, si l'ergonomie est bonne etc.

Légende?

Ca y est je me suis encore fait avoir by Niels Ackermann

Bon sang, je suis vraiment nul des fois. Trois mois sans rien poster. Au début c'était parce que je voulais attendre d'avoir bien fait les repérages, ensuite c'était par manque de temps, et maintenant c'est parce que j'ai trop de matériel et que je n'ai pas le temps de faire le tri qui s'imposerait, et encore moins de faire des petits montages multimédia.

Pour ceux qui n'ont pas déjà eu les infos que ce soit par mail, facebook ou twitter, tout va bien. En trois mois, j'ai eu le temps de passer par différents états plus ou moins sympathiques, mais maintenant, ma vie camerounaise correspond enfin à ce que j'en attendais. Il aura fallu beaucoup de travail pour rendre la maison sympathique, mais le résultat est plus que satisfaisant. En plus, j'ai trouvé des sources pour me procurer tous les aliments dont j'ai besoin (même du thé froid citron en poudre! Je n'en reviens toujours pas).

En guise de premier rattrapage, quelques photos en vrac pour vous montrer un peu Douala. J'espère pouvoir vous envoyer quelque chose d'un peu moins décousu bientôt.

Faire ses valises pour dix mois by Niels Ackermann

Ca y est! Le projet germait depuis près d'une année, désormais il se concrétise. Je tape ces quelques lignes depuis Zurich, en attendant l'avion qui me déposera à Douala, capitale économique du Cameroun pour les dix prochains mois.

J'ai longtemps vécu le fait de ne pas être réformé de l'armée (contrairement à 95% des mecs de ma volée) comme une punition, une humiliation voire un échec dans mon parcours de vie. C'était jusqu'à ce que je décide de me renseigner sur les opportunités offertes par le Service Civil. Passionné de voyage, j'ai filtré pour ne voir que les affectations à l'étranger. Très rapidement, j'ai croché sur deux cahiers des charges: la Fondation Hirondelle, qui développe des médias indépendants dans des zones de crise, et le DM (département missionnaire) qui cherchait un professeur d'informatique. Deux postes qui me semblaient à ma portée et passionnants. C'est le DM qui m'a proposé en premier une affectation longue. J'avais au début peur que ma distance vis-a-vis des religions soit un obstacle (tant du côté côté que du mien), mais, au cours des différents entretiens, j'ai pu éloigner ces craintes. Voilà comment la punition militaire s'est transformée en une formidable opportunité.

Je vivrai dans le quartier "très populaire" de New Bell, et j'enseignerai l'informatique dans le collège du même nom. Une très belle expérience en perspective: des rencontres multiples, la découverte de conditions de vie différentes, un paysage (et un climat) très différents.

A côté de ce job d'enseignant, j'aimerais alimenter un peu ce blog de petits articles sur la vie là bas, un peu comme j'avais fait en Ukraine. Je ne sais pas exactement ce que ça donnera, les variables sont multiples: quelle sera la qualité de la connexion, aurais-je le temps, que dire et que ne pas dire. Contrairement à l'Ukraine, je me rends au Cameroun au nom d'une organisation, une organisation implantée dans le pays de surcroît. Une phrase mal interprétée pourrait avoir potentiellement d'autres conséquences que quand je vais quelque part à titre individuel.

Les adieux étaient déchirants, surtout qu'aucun retour en Suisse n'est prévu avant juin. Mais arrivé à Zurich, je sentais la joie de voyager revenir. Ca fait du bien!

L'embarquement ne va pas tarder. J'espère trouver une connexion internet assez rapidement pour faire part des premières impressions.

Budapest by Niels Ackermann

N'en déplaise aux apparences, je suis toujours vivant. Je pensais avoir le temps de bloguer un peu comme je l'avais fait cet hiver en Ukraine, mais en fait non. Il faut dire que chaque billet que je postais depuis Kiev, c'était à chaque fois quelques heures de boulot. Un temps qu'on trouve assez facilement quand on passe trois semaines dans une ville, mais beaucoup moins quand on bouge tous les trois jours.

Un petit compte rendu du périple est-européen suivra quand j'aurai eu le temps de trier les photos. Mais j'avais déjà envie de mettre celle là en ligne parce que je sais qu'elle n'ira sans doute dans aucun de mes tri.

Et dès septembre, c'est la grande aventure qui commence! Durant dix mois, je serai à Douala, au Cameroun pour enseigner l'informatique dans le cadre de mon service civil. Les occasions de rédiger quelques billets seront certainement nombreuses.

0 Grivnas by Niels Ackermann

Hier soir, une heure avant le meeting-concert du candidat Yanukovych (le méchant en 2005, le grand favoris des sondages cette année), je me promenais sur la place Maidan, histoire d'être sûr qu'il n'y aurait pas une de ces manifestations / contre-manifestations qui avaient été annoncées par certains. Pas de manifestations en vue, mais un nombre surprenant d'attroupements de vieux et de jeunes. Exactement la même configuration qu'au meeting de Protyvsyh, retraités, chômeurs et étudiants sans le sous commençaient à s'agglomérer autour de personnes dotées de listes de nom. Tout doute était écarté, les spectateurs du meeting de Yanukovych allaient eux aussi être des "professionnels". Le tarif pour la participation est le même, 30 grivnas, soit un peu moins de 4 francs suisses.

Sauf que cette fois, les quelques 5'000 participants mandatés sont venus pour des prunes, ou presque puisqu'ils ont quand même profité d'un concert digne de l'eurovision clôturé par un père dodu au charisme déficient. Après le concert, quand tout était terminé, il restait sur la place ces immenses foules parfaitement dociles et divisées en petits groupes dans la nuit glaciale. Pendant de longues heures ils attendront une paye qui ne viendra pas. A minuit, ils abdiquent et rentrent, bredouilles et toujours aussi respectueux de l'ordre. J'imagine aisément qu'en France, dans une situation similaire, on aurait bouté le feu au siège du parti, ou qu'il aurait en tout cas été saccagé. Ici, rien, comme si ces gens n'en étaient pas à une spoliation près.

Demain, c'est mon dernier jour ici. C'est donc le moment pour un petit bilan de cette campagne.

Au niveau politique

J'étais venu pour découvrir un autre rapport à la politique, j'aurai été servi. Vous l'aurez compris, l'aspect "tout est à vendre" du militantisme local me dérange, mais il n'est qu'un symptôme logique d'un problème plus profond. Le système de partis en Ukraine n'a rien a voir avec ce qu'on peut observer chez nous, que ce soit en Suisse, en France ou ailleurs en Europe.

Si en 2005, pendant la révolution orange, il y avait encore un clivage dominant permettant à l'électeur de choisir "son camp" idéologiquement parlant, il n'en est plus rien aujourd'hui. Etre pro-russe ou pro-européen ne veut plus rien dire actuellement. L'adhésion de l'Ukraine à l'Union Européenne est plus qu'improbable en tout cas pour les 5 de ce nouveau mandat, et il n'y a pas d'incompatibilité entre une politique commerciale avec les deux voisins.

Si le clivage Pro-UE vs. Pro-russe a disparu, il n'a été remplacé par aucun autre. Les partis ukrainiens ne sont pas le résultat de divisions sociales, comme chez nous. Ce sont des partis crées autour d'un chef (par exemple, le parti de Ioulia Tymoshenko s'appelle le Ioulia Tymoshenko Bloc). Ces partis n'ont comme seul ciment que leur chef, aucune idéologie claire ne leur permet de durer au delà du règne de leurs fondateurs. Pas étonnant par conséquent que, d'une élection à l'autre, les cadres volent d'un parti à l'autre, allant là où le vent électoral les mènera, fut-ce chez l'ennemi d'hier.

Pas étonnant non plus que les électeurs se désintéressent massivement de la campagne puisqu'ils ne doivent pas choisir entre différentes directions politiques pour leur pays, mais qu'ils doivent uniquement se choisir un chef. Qui aurait honnêtement envie de s'impliquer pour se désigner un chef alors qu'il est absolument impossible de savoir ce qu'il va faire une fois au pouvoir, n'ayant aucune cohérence idéologique à défendre? Comment même vouloir agir dans la campagne alors que les seuls arguments sont de dire que le candidat A est plus charismatique que le candidat B, ou pire encore, qu'il a fait moins de prison que l'autre. Comment en vouloir à des citoyens d'un des pays les plus pauvre du continent s'ils préfèrent récolter une cinquantaine de francs en vendant leur voix alors que les enjeux clé de cette élection sont si habilement éludés par les futurs vainqueurs?

Peut-être que pour le 2e tour, les spin-doctors des deux partis qui s'opposeront, qui ont d'énormes chances d'être celui de Tymoshenko et celui de Yanukovych, trouveront une ligne de démarcation entre les deux programmes, permettant de cristalliser les convictions des électeurs en deux camps clairement identifiables. Mais pour cela, il faudrait de nouveaux programmes, parce qu'actuellement la plupart des experts s'accordent à dire qu'on pourrait échanger les programmes des deux candidats sans que personne ne le remarque.

Mais j'ai plutôt l'impression que c'est la tendance du 1er tour qui va continuer, à savoir maintenir ce flou sur l'idéologie, et se contenter de faire du bourrage de crâne à coups de spots télé, d'affiches sur tous les murs du pays, et de meetings artificiellement populaires.

Au niveau photographique

Je suis parti sans trop savoir ce que j'allais trouver. J'avais peut-être trop d'espoirs de voir un réel usage de la démocratie, avec du débat, des jeunes engagés et confiants dans l'avenir, de la contestation, des affrontements, des manifestations. A la place, j'ai juste découvert une extrême mollesse. Je l'ai d'abord vu avec la manifestation de Svoboda, et ce sentiment a persisté durant tout mon séjour. L'absence de fondement idéologique faisant, très peu de simples citoyens s'engagent personnellement dans la campagne. Les étudiants qui animent les tentes de distribution de tracts ne savent même pas où se trouve le siège du parti dont ils portent les couleurs.

J'aurais aimé trouver une approche originale de ces élections. Produire quelque chose de similaire à ce que j'ai fait sur les banques, mai qui permette d'illustrer cette drôle de campagne, la distance incroyable qui sépare les élites politique de ses électeurs, la superficialité du débat, et ce côté "élisez moi comme chef suprême". Mais assez vite, face à l'absence de matière humaine, on se retrouve à faire des photos d'affiches, et j'avais pas spécialement envie de plagier mon collègue Nicolas.

Résultat, j'ai de nombreuses images très typées reportage, présentant un panorama de ces élections, le contexte dans lequel elles se tiennent, la façon de communiquer, mais je manque d'un vrai fil rouge pour maintenir toutes ces images ensemble. Peut-être me viendra-t-il dans les prochains jours. J'espère.

Je n'ai pas encore décidé si j'allais, ou non, revenir pour le 2e tour. Je pense que si d'ici là je ne trouve pas ce fil rouge, la décision sera négative.

30 Grivnas by Niels Ackermann

Comment faire pour remplir les 600 places d'une salle pour un meeting politique en Ukraine? Facile! On paye les spectateurs. 30 grivnas, soit un peu moins de 4 francs suisses. C'est suffisant pour attirer une foule d'étudiants sans boulots et de retraités qui peinent à joindre les deux bouts. Pour ce prix, ils écouteront religieusement un étrange candidat qui a fait changer son nom en Protyvsyh ("contre-tous") dans l'espoir de récupérer une partie des voix de ceux qui opteront pour la 19e case sur le bulletin de vote, celle permettant de voter contre tous les candidats.

Bien sûr, ledit candidat n'arrête pas son programme à ce petit tour de malice de technique électorale. Comme tous ses concurrents, il jure sur tous les saints n'être pas un pourri financés par les oligarques. Comme tous les autres, il mettra en prison les pillards qui ruinent le pays, et tout comme eux, il mettra un terme à la corruption endémique...

Depuis environ une semaine, j'entends par-ci par-là que les différents candidats recrutent des gens pour participer à des manifestations, dormir dans des tentes contre rémunération, ou même vendre son vote. J'ai vu certaines de ces offres d'emploi sur Internet. Mais ça semblait tellement gros que je restais intimement convaincu qu'il ne pouvait s'agir que de tentatives des partis adverses de décrédibiliser leurs opposants, les faisant passer pour des corrupteurs. Mais aujourd'hui, j'ai eu la confirmation que cela se passe réellement. Du meeting jusqu'à la distribution de billets. Ici, on paye les gens pour qu'ils participent à une action politique. Les personnes avec qui j'en ai parlé sont tout à fait conscientes de l'aspect moralement discutable de ces pratiques, mais leur première priorité, c'est de manger et d'avoir un logement, alors elles font avec, et elles encaissent là où elles peuvent. Et après tout, cet argent, que les politiciens dilapident dans une campagne déconnectée de toute réalité, c'est le leur.

Du matériel Canon à vendre by Niels Ackermann

Ces derniers jours j'ai enfin pu voir ce que vaut mon 35mm f/1.4 L. Et effectivement, c'est de la balle! C'est surtout en se mettant à 21 millions de pixels qu'on voit la qualité de cette optique, je trouve.

Par conséquent, mon 35mm f/2.0 fait double emploi. C'est pourquoi je le vends. Je l'ai acheté en janvier 2009, il est en parfait état et fourni avec un filtre UV de marque B+W et le pare soleil Canon. Le tout coûte environ 450.- neuf, je le vends pour 300.- à discuter.

Je vais aussi me séparer de mon cher 30d. Je l'ai gardé comme boitier de secours au cas où, mais je me rends compte que le service technique de Canon est très compétent en cas de problème avec mon 5d mk II, et les différences dans la configuration des boutons entre le 30d et le 5d mk II m'imposeraient de toute façon beaucoup trop d'efforts pour que ça en vaille vraiment le coup. Je le vends avec le grip et deux batteries pour 500.-. Là aussi je suis éventuellement ouvert à la discussion, mais ça me semble être un bon prix pour un boitier de ce niveau, avec un grip et deux batteries.

Toutes mes photos d'Ukraine prises durant l'été, ma série sur les élections à Genève, et environ 90% des images que j'ai fait depuis 1 an sont réalisées avec le 35mm f/2.0. Ca vous donne, je pense une très bonne idée de la polyvalence et de l'efficacité de cet objectif.

Mon 30d quand à lui m'a servi à faire tous mes boulots photo jusqu'à l'arrivée de mon 5d II en janvier passé. Ca inclut le travail sur les travailleurs sans papiers (que je vas bientôt remettre sur le site), trois éditions du festival de Dour, la série sur l'euro-foot, diverses manifestations, beaucoup de concerts. Il est très bien conservé, je suis très soigneux avec mon matériel. Même si il y a eu pas mal d'évolutions au niveau des sensibilités ces dernières années, ça reste un appareil qui m'a donné de très bonnes images et qui, j'en suis certain, donnera grande satisfaction à d'autres photographes.

Si vous êtes intéressés, n'hésitez pas à me contacter par un des moyens listés sur la page contact.

Faut faire gaffe by Niels Ackermann

Ces jours, la température est remontée à Kiev. Elle était de 3°C il y a deux jours, et aujourd'hui elle flirtait avec le 0 par le dessus. La conséquence, c'est que tout le joli duvet neigeux qui emballait la ville est en train de fondre, formant ça-et-là des flaques d'eau pouvant atteindre 15 à 20cm de profond. Autant dire qu'il faut faire attention à où on met les pieds.

Je redoute la rechute de température qui devrait arriver demain et qui risque de transformer ces immenses flaques en patinoires.

Mais le danger ne vient pas que du sol. La neige fondant n'adhère plus sur les toitures et tombe en gros blocs dans la rue. J'ai rapidement compris la signification des barrière bloquant l'accès à des portions de trottoirs après avoir assisté à quelques chutes de blocs de neige. La photo qui illustre ce post a été prise pendant une de ces chutes, mais vu qu'elles sont totalement imprévisibles, j'ai été pris de court et le gros du bloc de neige avait déjà atteint le sol au moment du déclenchement. Le cadrage on en parle même pas.

Un test du s90 au marché de Petrivka by Niels Ackermann

Dernière journée à Kiev pour Tasha, la journaliste de l'hebdo. On est allés faire un tour au marché de Petrivka, que mon guide (papier) recommande pour son abondant choix de logiciels contrefaits ou de livres. Mais le marché est très vaste et on y trouve beaucoup d'autres choses, des habits surtout.

Sur les conseils de ma collègue, le 5d est resté dans le sac. Je me suis dit que c'était donc l'occasion d'essayer mon minuscule compact, le canon s90 en conditions. Voilà donc un petit exemple pour les amis qui demandaient depuis si longtemps une démo de ce que vaut le s90 en reportage.

Ce boulot n'est pas du tout représentatif de ce que je fais d'un point de vue qualitatif. Il n'est pas non plus très représentatif du marché. J'y ai surtout fait du "lèche échoppes", et je n'ai pas pris la peine de faire les photos les plus adéquates. Peut-être que j'y retournerai une fois pour faire une série avec mon vrai boitier, c'est vraiment une atmosphère très particulière qu'on ne voit jamais en Suisse. Il y a de quoi faire de splendides portraits des vendeurs dans leurs stands, entourés de magnifiques fourrures, de piles de CD ou DVD...

[nggallery id=8]

J'ai apprécié:

  • La discrétion de l'appareil. On peut vraiment faire des photos sans que personne ne se doute de rien.
  • La qualité des fichiers raw. Ils sont un peu trop contrastés à la base, mais sous lightroom, je leur applique un preset qui réduit les hautes lumières, éclaire les tons sombres et rajoute de la lumière d'appoint, ce qui me donne des fichiers étonnamment neutres qui peuvent ensuite être bien retouchés.
  • Le grain qui, bien que présent et assez visible dans la sensibilité à laquelle j'ai travaillé (500 iso) reste plutôt joli et ne détruit pas trop les détails.
  • La mesure auto assez bonne dans l'ensemble. J'ai travaillé en mode P que je corrigeais de + ou - 1 diaph, sans trop de soucis.
  • L'autonomie de la batterie. L'appareil reste toute la journée dans la poche de ma veste, relativement peu abrité de températures autour de 0°C. Et pourtant j'ai eu à recharger pour l'instant une seule fois ma batterie depuis mon arrivée en Ukraine il y a 10 jours. Et c'était plus pour être sûr qu'elle soit pleine que parce qu'elle en avait vraiment besoin.
  • Les molettes sont assez utiles, mais paradoxalement j'utilise beaucoup plus celle de l'arrière du boitier que celle qui est autour de l'objectif. Très bien pensée, mais elle tombe mal sous les doigts quand on shoot depuis le ventre.

J'ai moins apprécié:

  • Le délai au déclenchement (surtout quand il faut faire le focus)
  • Le fait que si j'éteins l'appareil dans un mode (P S A ou M), et que je le rallume, il garde tous les réglages d'avant l'extinction sauf le zoom, qui revient en grand angle. C'est souvent trop large pour moi, je préfère le 35mm au 28. On peut enregistrer un niveau de zoom avec le mode custom, mais ça fige d'autres réglages aussi.
  • La balance des blancs auto qui vire pas mal sur les bleus.
  • La profondeur de champ propre aux compacts. On voit tout net (et en même temps rien n'est fantastiquement piqué). Ca fait des images peu agréables à lire.

En conclusion, je ne me verrais pas faire entièrement un sujet avec cet appareil. Il est très bon pour un compact, mais il reste selon moi le genre de truc qu'on garde pour les conditions limites, typiquement celles où faire des photos peut être mal vu ou dangereux. Ce n'était pas le cas dans ce marché, qu'on se rassure. J'en ai fait durant l'été sans soucis.

Maintenant je serais très curieux de pouvoir essayer le panasonic GF-1 avec son 20mm f/1.7 et voir si le supplément de taille et de poids est compensé en qualité d'image et en rapidité.

EDIT: Je vois qu'il y a sur certains forums ou chez certains amis la question du choix entre G11 et S90. J'ai hésité pas mal avant d'acheter le S90. Le boitier plus massif du G11 permet une meilleure prise en main et la griffe flash permet de mettre un petit viseur optique. Mais c'est à peu près les seuls avantages que je dois reconnaitre au G11 sur le S90. En dehors de ça, il est plus gros, plus lourd, son optique est moins lumineuse en grand angle (or je travaille toujours entre 28 et 35mm), plus cher. La différence de volume, poids et prix n'est pas compensée par un gain qualitatif au niveau des images produites. Et les images issues de compact, pour moi ça reste des images de compact.

Donc partant de ce constat, tant qu'a avoir un appareil qui produira des images "bonnes sans plus", autant qu'il soit vraiment compact et que je puisse l'avoir toujours sur moi sans déformer mes poches de veste. C'est pour ces raisons que j'ai opté pour le S90, et je reste convaincu d'avoir fait le bon choix.

Le G11 a un volume et un poids assez proche du Lumix GF-1 équipé du 20mm. Mais la qualité d'image du GF-1 semble d'après ce que j'ai pu voir bien supérieure à ce que produit le G11. Mais cela fera très certainement l'objet d'un nouvel article à mon retour en Suisse.

Ia nié gavariou pa rouski by Niels Ackermann

Les services de presse des partis, ici c'est pas aussi institutionnalisé que chez nous. Ca a son avantage: on peut les appeler à peu près n'importe quand, mais aussi ses inconvénients. Depuis trois jours on marine pour savoir si on verra ou non Ioulia la tigresse, si on aura ou non l'occasion de la prendre en photo (de près), voire même de faire une interview d'elle. Normalement demain on aura quelques opportunités, des opportunités qui se sont transformées au fil de la journée en "fenêtres de tir". Je vous dirai demain ce qu'il en aura été, en espérant qu'une énième tracasserie ne vienne pas empêcher ça.

Sinon, mon russe s'améliore lentement. Durant l'été, j'utilisais tout juste bonjour, salut, aurevoir, 1, 2, 3 (le quatre est trop compliqué pour moi: "Tchityrié"). Depuis, j'ai appris d'autres mots utiles qui me permettent de me sentir un peu moins profiteur. Je n'aime pas aller à la rencontre de personnes et leur imposer de changer de langue pour moi, du coup, leur montrer que je fais des efforts est pour moi un sorte d'effort expiatoire. Désormais j'arrive à aller vers une personne et, dans un russe des plus hésitant, lui dire "Bonjour, je suis un photographe de Suisse, je ne parle pas le russe". Ca évite pas mal de dialogues de sourds.

Chaque nouvelle étape, aussi ridicule soit-elle: arriver à commander un menu dans un retstaurant sans que la vendeuse nous réponde en anglais par exemple, résonne dans ma tête comme une victoire retentissante.

Prochains à mémoriser: pardon ("izvinitié"). Un autre mot très utile pour un photographe.

(Les photos n'ont rien à voir avec le texte)

Baisse dans les posts by Niels Ackermann

Tasha, la journaliste de l'hebdo, est arrivée hier pour une semaine de reportage. Nous logeons dans une assez chic banlieue résidentielle au nord de la ville. Le seul inconvénient, c'est qu'il n'y a pas de wifi sur place. Par conséquent, les mises à jour vont se faire plus épisodiques. En plus, ça risque d'être une semaine assez chargée qui me laisserait peu le temps de bloguer. La campagne reprend a fond aujourd'hui pour les partis, les événements médiatiques des candidats risquent de se faire plus nombreux.

Ca commence by Niels Ackermann

Jeudi soir, pour le show du nouvel an, je me suis dit que je pourrai bosser sans accréditation. J'avais repéré durant l'après midi trois emplacements facilement accessibles d'où j'aurais eu un angle intéressant. Mais c'était sans prévoir que des policiers allaient débarquer par centaines et boucler tout le périmètre autour de la scène. Résultat, interdiction formelle d'accéder aux dits emplacements. J'ai dû me contenter de vues depuis la foule. Les concerts étaient d'un style pop assez proche de ce qu'on voit à Eurovision, et un peu avant minuit, Yulia Tymoshenko est venue faire un petit speech et le décompte jusqu'à la nouvelle année.

Frustré de ne pas avoir pu faire ce que je souhaitais hier, j'ai accéléré un peu mes démarches pour avoir les accréditations auprès des différents partis. Mais c'est pas facile parce que la plupart des gens ici ne parlent pas un mot d'anglais, certains disent "yes, I speak english", mais ils ne comprennent rien quand je pose ma question. Le passage par un traducteur va donc être impératif.

Autrement, hier soir, Anna et Sasha, les deux jeunes qui animaient la tente pro-Tymoshenko, m'ont invités à boire un verre avec eux. J'ai découvert le pain à l'ail ukrainien, c'est rudement bon. A notre sortie, il s'est mis à neiger, environ 5cm de plus dans les rues, et la température est en train de gentiment descendre. Ici, ça fluctue très vite:

Mais ce qui m'a le plus surpris hier, c'est un défilé des nationalistes. Anna et Sasha m'avaient donné rendez-vous sur Khreshchatyk, le boulevard principal du centre de Kiev. Le vendredi et le week end, il est fermé à la circulation et les habitants de Kiev prennent plaisir à se l'approprier à pieds. En marchant sur ce boulevard, on a croisé un défilé de nationalistes. Ils criaient des slogans comme "l'Ukraine est slave". Mes deux guides me montraient les différentes nuances composant ce défilé, qui comprenait aussi une représentation qu'ils qualifiaient de "fascistes / skinheads". Ce qui était très amusant pour moi, c'est qu'ils se laissaient tous prendre en photo sans broncher. Pas même un regard de travers, c'en était presque un peu décevant. Ca change de certaines manifestations en Suisse où l'animosité envers les médias est très palpable.

Mais ce défilé était aussi surprenant pour d'autres raisons. C'est la troisième manifestation que je vois dans ce pays et j'ai vraiment l'impression de voir autre chose que les manifestations en Suisse. Ici, tout le monde arbore des drapeaux, certains ont même une espèce d'uniforme aux couleurs du mouvement qu'ils défendent. Ils sont tous bien alignés, personne ne dépasse des lignes, ça donne une impression de manifestants professionnels. Des différentes manifestations que j'ai vu, il n'y a jamais eu de débordements quelconques, la contestation se limite à des banderoles et des slogans. Et finalement, ces manifestations se cantonnent physiquement à un espace de liberté bien défini: le boulevard Khreshchatyk fermé à la circulation. Le défilé d'hier soir a commencé au début de la rue et s'est arrêté à l'autre bout, quelques centaines de mètres plus loin. C'est un peu comme si tout était fait pour ne pas déranger.

Le pont des amoureux by Niels Ackermann

En visitant Kiev avec Romain, on avait loupés le pont des amoureux (cette phrase peut porter à confusion, mais c'est uniquement a cause de vos cerveaux ramollis par la télévision, facebook et le R'n'B), et pourtant on était passés vraiment pas loin. Je l'ai découvert sur City Eye, des panoramas sélectionnés de Kiev.

J'ai trouvé ça adorable et tout à fait adéquat pour un billet de nouvel-an.

Vous pouvez lire son histoire ici. C'est assez cocasse qu'il soit aussi surnommé le pont des suicidés.

Des nouveaux amis by Niels Ackermann

Je sais pas si c'est le fait d'être seul, mais je trouve que les gens se laissent plus facilement photographier que durant cet été. Le contact passe aussi assez bien. Mais j'ai pas grand chose de bon de ce matin, la lumière était assez infâme et j'ai surtout profité de reprendre un peu mes repères dans la ville. Par contre, je suis tombé tout à l'heure sur deux étudiants qui animent un stand de distribution de matériel pro-Yulia Tymoshenko (d'ailleurs si quelqu'un veut un calendrier avec la photo du tigre, avertissez moi). Ils m'ont proposé de venir voir avec eux les festivités organisées par son parti à Maydan pour nouvel an. Ils ne savent pas si Yulia sera présente, mais ça me surprendrait qu'elle louperait une occasion telle de faire un petit show. J'espère que j'arriverai à me faufiler là où je veux malgré la foule et le fait que j'aie pas trouvé comment s'accréditer (je sais pas si c'est nécessaire).

Si jamais je ne reposte pas un billet avant, je vous souhaite à tous une bonne fin de 2009 et une année 2010 retentissante. 2009 aura été une année difficile pour pas mal d'amis et de proches, j'espère que la nouvelle année sera un meilleur millésime.

Ah et mon numéro ukrainien est activé au cas où vous auriez besoin de me contacter: +380 99 504 11 63 Edit: je m'étais trompé de num, mais là c'est le bon

Yulia des blés by Niels Ackermann

Ca y est, j'y suis! Pour l'instant tout se déroule à merveille, malgré mes craintes. L'avion de Munich à Kiev a eu deux heures de retard à cause de la glace sur la piste d'atterrissage de Kiev. Effectivement, la piste était encore bien verglacée à notre arrivée. S'en est suivi le passage à la douane: 30 minutes d'attente. Les douaniers du coin prennent leur tâche (ouvrir le passeport, faire un tampon, tamponner la feuille où on dit qu'on est touriste, nous rendre tout ça) très à coeur et font durer le plaisir. Au moins une minute par personne.

Puis, ce sont les bagages qui se sont fait attendre: encore une vingtaine de minutes.

Puis le trajet en bus jusqu'à la gare, ralenti par la circulation et la neige, il a duré un peu plus d'une heure. Mais bon, ça repose. Heureusement, la réception de l'hôtel était encore ouverte à mon arrivée. Je soupçonne d'ailleurs la standardiste (une très sympathique babouchka) de se rappeler de moi. On était venus au même endroit cet été Romain et moi. Nous avions la chambre 408, j'ai la 508 et les meubles sont absolument identiques.

Sinon, c'est très joli une ville comme Kiev sous trente centimètres de neige. On dirait un peu une espèce de super-Verbier. D'ailleurs, j'ai croisé dans le métro deux snowboarders: Sergueï et Roman. J'irai voir demain l'endroit où ils vont surfer. Ca a l'air près du centre. J'ai profité qu'ils parlent anglais pour leur demander si ils suivent un peu la campagne présidentielle, mais non, les jeunes ukrainiens sont comme les jeunes européens (en tout cas eux), ils s'en foutent complètement.

Mais visiblement tout le monde ne s'en fout pas, à voir le nombre hallucinant d'affiches des candidats qu'on trouve dans les rues. Sur le trajet en bus entre l'aéroport et la gare (faudra d'ailleurs m'expliquer pourquoi ils ont construit cet aéroport aussi loin de la ville), j'ai pu me faire plusieurs fois le tour de tous les candidats. Je soupçonne que la crise y soit pour quelque chose. Le prix des espaces publicitaires a chuté avec la chute de la demande.

Il y a une affiche magnifiquement kitch de Yulia avec un tigre des neiges, tiré de sa publicité (qui passe Vraiment à la télé, je confirme):

Vous pouvez trouver la traduction de cette pub sur cet excellent blog.

Sinon dans les autres, il y a celles du candidat Arseniy Yatseniuk que j'arrive pas tellement à comprendre. Des lignes en diagonales dans des couleurs très militaires, une typo style stencil qui va aussi dans cet esprit. On dirait un peu des affiches tirées du jeu Half Life. Je vous montrerai ça demain.

Maintenant, je vais essayer de trouver un truc à manger (il est 23h40) et voir un peu sur Maydan si il y a des choses qui se préparent pour demain.