Ukraine

L'Ange Blanc remporte le PrixPhoto 2015 by Niels Ackermann

Trois ans de travail sur la jeunesse de Slavutych, la ville la plus jeune d'Ukraine doublement récompensés par le Prix Photo 2015 de la fondation BAT. C'est en effet à la fois le premier prix et le prix du public qui récompensent ce reportage visant à offrir un regard différent et tourné vers l'avenir sur la pire catastrophe nucléaire de l'histoire, mais aussi un récit intime et universel sur le passage à l'âge adulte.

Cette magnifique récompense me confirme dans mon souhait de travailler sur des projets de long terme, en marge de l'actualité et donnent un rôle crucial aux rapports humains et aux transformations. 

 Zhenya (Evgeny) and Yulia kiss in front of their datcha during their wedding celebration with their friends.

Lengthy interview for Ukrainian website Telekritika by Niels Ackermann

 © Maxim Lisoviy

© Maxim Lisoviy

Following a workshop organized with young free journalism organisation Free Press Ukraine on how to finance personal journalism projects, journalist Kateryna Tolokolnikova wanted to learn more about my Ukrainian projects and my background.

Her very long interview (in Ukrainian) gives exhaustive informations about the project in Slavutych, how it influenced my own life as well as my relationship to Ukraine.

You can read it here (in Ukrainian).

Nouveau design, nouvelle disposition, nouveau contenu by Niels Ackermann

On est en février et comme promis le site change d'apparence. Il reste bien sûr un tas de petits détails qui devront encore être corrigés, mais dans l'ensemble  ça m'a l'air de fonctionner. Ce qui change: j'ai séparé le blog du portfolio. Pour moi, les deux pouvaient toujours aller de pair, mais un ami m'a fait remarquer que cela n'allait pas forcément de sois pour mes clients potentiels (essentiellement des iconographes). Le lendemain, je rencontrais justement une iconographe qui m'a dit en voyant mon nom «ah, je connais votre site, je l'avais consulté avant d'acheter un macbook air», mais elle n'avait pas vu mon travail photographique. Par cette séparation entre travail photo et blog, j'espère donc apporter un peu plus de clarté à ces deux aspects de mon site.

J'aime bloguer, quand j'en trouve le temps, et mes critiques d'appareils technologiques sont généralement appréciées. Il n'y avait donc aucune raison d'arrêter d'en faire.

Avec un peu de chance, cette séparation me permettra aussi de développer plus à fond les deux aspects: un portfolio plus complet qui permettra à des iconographes, journalistes ou autres personnes curieuses sur mon travail d'en voir plus et dans de meilleures conditions, et un blog sur lequel je pourrai adopter un ton moins formel.

J'ai profité de la mise à jour pour ajouter quelques fonctionnalités qui faisaient défaut, comme un moteur de recherche ou une navigation paginée dans les archives.

Si tout va bien, dès lundi je pourrai vous raconter quelques anecdotes de mon nouveau périple ukrainien. Je décolle en effet demain matin pour deux nouvelles semaines à Kiev et dans les environs. Vu le climat ambiant, le sac est plein d'habits bien chauds.

PS: Une transition comme le fait de passer le blog de nack.ch à nack.ch/blog, si elle peut paraître anodine, implique quand même quelques soucis vis-a-vis des liens et autres. J'ai mis en place des redirections pour mes principaux articles vers leur nouvel emplacement, donc normalement tout devrait se passer sans encombres pour vous. Par contre, il est possible que les personnes abonnées à mon flux RSS rencontrent des problèmes. J'ai aussi mis une redirection, mais je ne suis pas certain qu'elle marche avec tous les aggrégateurs. Si jamais, la nouvelle URL de mon flux RSS est: http://nack.ch/blog/feed

0 Grivnas by Niels Ackermann

Hier soir, une heure avant le meeting-concert du candidat Yanukovych (le méchant en 2005, le grand favoris des sondages cette année), je me promenais sur la place Maidan, histoire d'être sûr qu'il n'y aurait pas une de ces manifestations / contre-manifestations qui avaient été annoncées par certains. Pas de manifestations en vue, mais un nombre surprenant d'attroupements de vieux et de jeunes. Exactement la même configuration qu'au meeting de Protyvsyh, retraités, chômeurs et étudiants sans le sous commençaient à s'agglomérer autour de personnes dotées de listes de nom. Tout doute était écarté, les spectateurs du meeting de Yanukovych allaient eux aussi être des "professionnels". Le tarif pour la participation est le même, 30 grivnas, soit un peu moins de 4 francs suisses.

Sauf que cette fois, les quelques 5'000 participants mandatés sont venus pour des prunes, ou presque puisqu'ils ont quand même profité d'un concert digne de l'eurovision clôturé par un père dodu au charisme déficient. Après le concert, quand tout était terminé, il restait sur la place ces immenses foules parfaitement dociles et divisées en petits groupes dans la nuit glaciale. Pendant de longues heures ils attendront une paye qui ne viendra pas. A minuit, ils abdiquent et rentrent, bredouilles et toujours aussi respectueux de l'ordre. J'imagine aisément qu'en France, dans une situation similaire, on aurait bouté le feu au siège du parti, ou qu'il aurait en tout cas été saccagé. Ici, rien, comme si ces gens n'en étaient pas à une spoliation près.

Demain, c'est mon dernier jour ici. C'est donc le moment pour un petit bilan de cette campagne.

Au niveau politique

J'étais venu pour découvrir un autre rapport à la politique, j'aurai été servi. Vous l'aurez compris, l'aspect "tout est à vendre" du militantisme local me dérange, mais il n'est qu'un symptôme logique d'un problème plus profond. Le système de partis en Ukraine n'a rien a voir avec ce qu'on peut observer chez nous, que ce soit en Suisse, en France ou ailleurs en Europe.

Si en 2005, pendant la révolution orange, il y avait encore un clivage dominant permettant à l'électeur de choisir "son camp" idéologiquement parlant, il n'en est plus rien aujourd'hui. Etre pro-russe ou pro-européen ne veut plus rien dire actuellement. L'adhésion de l'Ukraine à l'Union Européenne est plus qu'improbable en tout cas pour les 5 de ce nouveau mandat, et il n'y a pas d'incompatibilité entre une politique commerciale avec les deux voisins.

Si le clivage Pro-UE vs. Pro-russe a disparu, il n'a été remplacé par aucun autre. Les partis ukrainiens ne sont pas le résultat de divisions sociales, comme chez nous. Ce sont des partis crées autour d'un chef (par exemple, le parti de Ioulia Tymoshenko s'appelle le Ioulia Tymoshenko Bloc). Ces partis n'ont comme seul ciment que leur chef, aucune idéologie claire ne leur permet de durer au delà du règne de leurs fondateurs. Pas étonnant par conséquent que, d'une élection à l'autre, les cadres volent d'un parti à l'autre, allant là où le vent électoral les mènera, fut-ce chez l'ennemi d'hier.

Pas étonnant non plus que les électeurs se désintéressent massivement de la campagne puisqu'ils ne doivent pas choisir entre différentes directions politiques pour leur pays, mais qu'ils doivent uniquement se choisir un chef. Qui aurait honnêtement envie de s'impliquer pour se désigner un chef alors qu'il est absolument impossible de savoir ce qu'il va faire une fois au pouvoir, n'ayant aucune cohérence idéologique à défendre? Comment même vouloir agir dans la campagne alors que les seuls arguments sont de dire que le candidat A est plus charismatique que le candidat B, ou pire encore, qu'il a fait moins de prison que l'autre. Comment en vouloir à des citoyens d'un des pays les plus pauvre du continent s'ils préfèrent récolter une cinquantaine de francs en vendant leur voix alors que les enjeux clé de cette élection sont si habilement éludés par les futurs vainqueurs?

Peut-être que pour le 2e tour, les spin-doctors des deux partis qui s'opposeront, qui ont d'énormes chances d'être celui de Tymoshenko et celui de Yanukovych, trouveront une ligne de démarcation entre les deux programmes, permettant de cristalliser les convictions des électeurs en deux camps clairement identifiables. Mais pour cela, il faudrait de nouveaux programmes, parce qu'actuellement la plupart des experts s'accordent à dire qu'on pourrait échanger les programmes des deux candidats sans que personne ne le remarque.

Mais j'ai plutôt l'impression que c'est la tendance du 1er tour qui va continuer, à savoir maintenir ce flou sur l'idéologie, et se contenter de faire du bourrage de crâne à coups de spots télé, d'affiches sur tous les murs du pays, et de meetings artificiellement populaires.

Au niveau photographique

Je suis parti sans trop savoir ce que j'allais trouver. J'avais peut-être trop d'espoirs de voir un réel usage de la démocratie, avec du débat, des jeunes engagés et confiants dans l'avenir, de la contestation, des affrontements, des manifestations. A la place, j'ai juste découvert une extrême mollesse. Je l'ai d'abord vu avec la manifestation de Svoboda, et ce sentiment a persisté durant tout mon séjour. L'absence de fondement idéologique faisant, très peu de simples citoyens s'engagent personnellement dans la campagne. Les étudiants qui animent les tentes de distribution de tracts ne savent même pas où se trouve le siège du parti dont ils portent les couleurs.

J'aurais aimé trouver une approche originale de ces élections. Produire quelque chose de similaire à ce que j'ai fait sur les banques, mai qui permette d'illustrer cette drôle de campagne, la distance incroyable qui sépare les élites politique de ses électeurs, la superficialité du débat, et ce côté "élisez moi comme chef suprême". Mais assez vite, face à l'absence de matière humaine, on se retrouve à faire des photos d'affiches, et j'avais pas spécialement envie de plagier mon collègue Nicolas.

Résultat, j'ai de nombreuses images très typées reportage, présentant un panorama de ces élections, le contexte dans lequel elles se tiennent, la façon de communiquer, mais je manque d'un vrai fil rouge pour maintenir toutes ces images ensemble. Peut-être me viendra-t-il dans les prochains jours. J'espère.

Je n'ai pas encore décidé si j'allais, ou non, revenir pour le 2e tour. Je pense que si d'ici là je ne trouve pas ce fil rouge, la décision sera négative.

30 Grivnas by Niels Ackermann

Comment faire pour remplir les 600 places d'une salle pour un meeting politique en Ukraine? Facile! On paye les spectateurs. 30 grivnas, soit un peu moins de 4 francs suisses. C'est suffisant pour attirer une foule d'étudiants sans boulots et de retraités qui peinent à joindre les deux bouts. Pour ce prix, ils écouteront religieusement un étrange candidat qui a fait changer son nom en Protyvsyh ("contre-tous") dans l'espoir de récupérer une partie des voix de ceux qui opteront pour la 19e case sur le bulletin de vote, celle permettant de voter contre tous les candidats.

Bien sûr, ledit candidat n'arrête pas son programme à ce petit tour de malice de technique électorale. Comme tous ses concurrents, il jure sur tous les saints n'être pas un pourri financés par les oligarques. Comme tous les autres, il mettra en prison les pillards qui ruinent le pays, et tout comme eux, il mettra un terme à la corruption endémique...

Depuis environ une semaine, j'entends par-ci par-là que les différents candidats recrutent des gens pour participer à des manifestations, dormir dans des tentes contre rémunération, ou même vendre son vote. J'ai vu certaines de ces offres d'emploi sur Internet. Mais ça semblait tellement gros que je restais intimement convaincu qu'il ne pouvait s'agir que de tentatives des partis adverses de décrédibiliser leurs opposants, les faisant passer pour des corrupteurs. Mais aujourd'hui, j'ai eu la confirmation que cela se passe réellement. Du meeting jusqu'à la distribution de billets. Ici, on paye les gens pour qu'ils participent à une action politique. Les personnes avec qui j'en ai parlé sont tout à fait conscientes de l'aspect moralement discutable de ces pratiques, mais leur première priorité, c'est de manger et d'avoir un logement, alors elles font avec, et elles encaissent là où elles peuvent. Et après tout, cet argent, que les politiciens dilapident dans une campagne déconnectée de toute réalité, c'est le leur.

Du matériel Canon à vendre by Niels Ackermann

Ces derniers jours j'ai enfin pu voir ce que vaut mon 35mm f/1.4 L. Et effectivement, c'est de la balle! C'est surtout en se mettant à 21 millions de pixels qu'on voit la qualité de cette optique, je trouve.

Par conséquent, mon 35mm f/2.0 fait double emploi. C'est pourquoi je le vends. Je l'ai acheté en janvier 2009, il est en parfait état et fourni avec un filtre UV de marque B+W et le pare soleil Canon. Le tout coûte environ 450.- neuf, je le vends pour 300.- à discuter.

Je vais aussi me séparer de mon cher 30d. Je l'ai gardé comme boitier de secours au cas où, mais je me rends compte que le service technique de Canon est très compétent en cas de problème avec mon 5d mk II, et les différences dans la configuration des boutons entre le 30d et le 5d mk II m'imposeraient de toute façon beaucoup trop d'efforts pour que ça en vaille vraiment le coup. Je le vends avec le grip et deux batteries pour 500.-. Là aussi je suis éventuellement ouvert à la discussion, mais ça me semble être un bon prix pour un boitier de ce niveau, avec un grip et deux batteries.

Toutes mes photos d'Ukraine prises durant l'été, ma série sur les élections à Genève, et environ 90% des images que j'ai fait depuis 1 an sont réalisées avec le 35mm f/2.0. Ca vous donne, je pense une très bonne idée de la polyvalence et de l'efficacité de cet objectif.

Mon 30d quand à lui m'a servi à faire tous mes boulots photo jusqu'à l'arrivée de mon 5d II en janvier passé. Ca inclut le travail sur les travailleurs sans papiers (que je vas bientôt remettre sur le site), trois éditions du festival de Dour, la série sur l'euro-foot, diverses manifestations, beaucoup de concerts. Il est très bien conservé, je suis très soigneux avec mon matériel. Même si il y a eu pas mal d'évolutions au niveau des sensibilités ces dernières années, ça reste un appareil qui m'a donné de très bonnes images et qui, j'en suis certain, donnera grande satisfaction à d'autres photographes.

Si vous êtes intéressés, n'hésitez pas à me contacter par un des moyens listés sur la page contact.

Faut faire gaffe by Niels Ackermann

Ces jours, la température est remontée à Kiev. Elle était de 3°C il y a deux jours, et aujourd'hui elle flirtait avec le 0 par le dessus. La conséquence, c'est que tout le joli duvet neigeux qui emballait la ville est en train de fondre, formant ça-et-là des flaques d'eau pouvant atteindre 15 à 20cm de profond. Autant dire qu'il faut faire attention à où on met les pieds.

Je redoute la rechute de température qui devrait arriver demain et qui risque de transformer ces immenses flaques en patinoires.

Mais le danger ne vient pas que du sol. La neige fondant n'adhère plus sur les toitures et tombe en gros blocs dans la rue. J'ai rapidement compris la signification des barrière bloquant l'accès à des portions de trottoirs après avoir assisté à quelques chutes de blocs de neige. La photo qui illustre ce post a été prise pendant une de ces chutes, mais vu qu'elles sont totalement imprévisibles, j'ai été pris de court et le gros du bloc de neige avait déjà atteint le sol au moment du déclenchement. Le cadrage on en parle même pas.

Un test du s90 au marché de Petrivka by Niels Ackermann

Dernière journée à Kiev pour Tasha, la journaliste de l'hebdo. On est allés faire un tour au marché de Petrivka, que mon guide (papier) recommande pour son abondant choix de logiciels contrefaits ou de livres. Mais le marché est très vaste et on y trouve beaucoup d'autres choses, des habits surtout.

Sur les conseils de ma collègue, le 5d est resté dans le sac. Je me suis dit que c'était donc l'occasion d'essayer mon minuscule compact, le canon s90 en conditions. Voilà donc un petit exemple pour les amis qui demandaient depuis si longtemps une démo de ce que vaut le s90 en reportage.

Ce boulot n'est pas du tout représentatif de ce que je fais d'un point de vue qualitatif. Il n'est pas non plus très représentatif du marché. J'y ai surtout fait du "lèche échoppes", et je n'ai pas pris la peine de faire les photos les plus adéquates. Peut-être que j'y retournerai une fois pour faire une série avec mon vrai boitier, c'est vraiment une atmosphère très particulière qu'on ne voit jamais en Suisse. Il y a de quoi faire de splendides portraits des vendeurs dans leurs stands, entourés de magnifiques fourrures, de piles de CD ou DVD...

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J'ai apprécié:

  • La discrétion de l'appareil. On peut vraiment faire des photos sans que personne ne se doute de rien.
  • La qualité des fichiers raw. Ils sont un peu trop contrastés à la base, mais sous lightroom, je leur applique un preset qui réduit les hautes lumières, éclaire les tons sombres et rajoute de la lumière d'appoint, ce qui me donne des fichiers étonnamment neutres qui peuvent ensuite être bien retouchés.
  • Le grain qui, bien que présent et assez visible dans la sensibilité à laquelle j'ai travaillé (500 iso) reste plutôt joli et ne détruit pas trop les détails.
  • La mesure auto assez bonne dans l'ensemble. J'ai travaillé en mode P que je corrigeais de + ou - 1 diaph, sans trop de soucis.
  • L'autonomie de la batterie. L'appareil reste toute la journée dans la poche de ma veste, relativement peu abrité de températures autour de 0°C. Et pourtant j'ai eu à recharger pour l'instant une seule fois ma batterie depuis mon arrivée en Ukraine il y a 10 jours. Et c'était plus pour être sûr qu'elle soit pleine que parce qu'elle en avait vraiment besoin.
  • Les molettes sont assez utiles, mais paradoxalement j'utilise beaucoup plus celle de l'arrière du boitier que celle qui est autour de l'objectif. Très bien pensée, mais elle tombe mal sous les doigts quand on shoot depuis le ventre.

J'ai moins apprécié:

  • Le délai au déclenchement (surtout quand il faut faire le focus)
  • Le fait que si j'éteins l'appareil dans un mode (P S A ou M), et que je le rallume, il garde tous les réglages d'avant l'extinction sauf le zoom, qui revient en grand angle. C'est souvent trop large pour moi, je préfère le 35mm au 28. On peut enregistrer un niveau de zoom avec le mode custom, mais ça fige d'autres réglages aussi.
  • La balance des blancs auto qui vire pas mal sur les bleus.
  • La profondeur de champ propre aux compacts. On voit tout net (et en même temps rien n'est fantastiquement piqué). Ca fait des images peu agréables à lire.

En conclusion, je ne me verrais pas faire entièrement un sujet avec cet appareil. Il est très bon pour un compact, mais il reste selon moi le genre de truc qu'on garde pour les conditions limites, typiquement celles où faire des photos peut être mal vu ou dangereux. Ce n'était pas le cas dans ce marché, qu'on se rassure. J'en ai fait durant l'été sans soucis.

Maintenant je serais très curieux de pouvoir essayer le panasonic GF-1 avec son 20mm f/1.7 et voir si le supplément de taille et de poids est compensé en qualité d'image et en rapidité.

EDIT: Je vois qu'il y a sur certains forums ou chez certains amis la question du choix entre G11 et S90. J'ai hésité pas mal avant d'acheter le S90. Le boitier plus massif du G11 permet une meilleure prise en main et la griffe flash permet de mettre un petit viseur optique. Mais c'est à peu près les seuls avantages que je dois reconnaitre au G11 sur le S90. En dehors de ça, il est plus gros, plus lourd, son optique est moins lumineuse en grand angle (or je travaille toujours entre 28 et 35mm), plus cher. La différence de volume, poids et prix n'est pas compensée par un gain qualitatif au niveau des images produites. Et les images issues de compact, pour moi ça reste des images de compact.

Donc partant de ce constat, tant qu'a avoir un appareil qui produira des images "bonnes sans plus", autant qu'il soit vraiment compact et que je puisse l'avoir toujours sur moi sans déformer mes poches de veste. C'est pour ces raisons que j'ai opté pour le S90, et je reste convaincu d'avoir fait le bon choix.

Le G11 a un volume et un poids assez proche du Lumix GF-1 équipé du 20mm. Mais la qualité d'image du GF-1 semble d'après ce que j'ai pu voir bien supérieure à ce que produit le G11. Mais cela fera très certainement l'objet d'un nouvel article à mon retour en Suisse.

Ia nié gavariou pa rouski by Niels Ackermann

Les services de presse des partis, ici c'est pas aussi institutionnalisé que chez nous. Ca a son avantage: on peut les appeler à peu près n'importe quand, mais aussi ses inconvénients. Depuis trois jours on marine pour savoir si on verra ou non Ioulia la tigresse, si on aura ou non l'occasion de la prendre en photo (de près), voire même de faire une interview d'elle. Normalement demain on aura quelques opportunités, des opportunités qui se sont transformées au fil de la journée en "fenêtres de tir". Je vous dirai demain ce qu'il en aura été, en espérant qu'une énième tracasserie ne vienne pas empêcher ça.

Sinon, mon russe s'améliore lentement. Durant l'été, j'utilisais tout juste bonjour, salut, aurevoir, 1, 2, 3 (le quatre est trop compliqué pour moi: "Tchityrié"). Depuis, j'ai appris d'autres mots utiles qui me permettent de me sentir un peu moins profiteur. Je n'aime pas aller à la rencontre de personnes et leur imposer de changer de langue pour moi, du coup, leur montrer que je fais des efforts est pour moi un sorte d'effort expiatoire. Désormais j'arrive à aller vers une personne et, dans un russe des plus hésitant, lui dire "Bonjour, je suis un photographe de Suisse, je ne parle pas le russe". Ca évite pas mal de dialogues de sourds.

Chaque nouvelle étape, aussi ridicule soit-elle: arriver à commander un menu dans un retstaurant sans que la vendeuse nous réponde en anglais par exemple, résonne dans ma tête comme une victoire retentissante.

Prochains à mémoriser: pardon ("izvinitié"). Un autre mot très utile pour un photographe.

(Les photos n'ont rien à voir avec le texte)

Baisse dans les posts by Niels Ackermann

Tasha, la journaliste de l'hebdo, est arrivée hier pour une semaine de reportage. Nous logeons dans une assez chic banlieue résidentielle au nord de la ville. Le seul inconvénient, c'est qu'il n'y a pas de wifi sur place. Par conséquent, les mises à jour vont se faire plus épisodiques. En plus, ça risque d'être une semaine assez chargée qui me laisserait peu le temps de bloguer. La campagne reprend a fond aujourd'hui pour les partis, les événements médiatiques des candidats risquent de se faire plus nombreux.

Ca commence by Niels Ackermann

Jeudi soir, pour le show du nouvel an, je me suis dit que je pourrai bosser sans accréditation. J'avais repéré durant l'après midi trois emplacements facilement accessibles d'où j'aurais eu un angle intéressant. Mais c'était sans prévoir que des policiers allaient débarquer par centaines et boucler tout le périmètre autour de la scène. Résultat, interdiction formelle d'accéder aux dits emplacements. J'ai dû me contenter de vues depuis la foule. Les concerts étaient d'un style pop assez proche de ce qu'on voit à Eurovision, et un peu avant minuit, Yulia Tymoshenko est venue faire un petit speech et le décompte jusqu'à la nouvelle année.

Frustré de ne pas avoir pu faire ce que je souhaitais hier, j'ai accéléré un peu mes démarches pour avoir les accréditations auprès des différents partis. Mais c'est pas facile parce que la plupart des gens ici ne parlent pas un mot d'anglais, certains disent "yes, I speak english", mais ils ne comprennent rien quand je pose ma question. Le passage par un traducteur va donc être impératif.

Autrement, hier soir, Anna et Sasha, les deux jeunes qui animaient la tente pro-Tymoshenko, m'ont invités à boire un verre avec eux. J'ai découvert le pain à l'ail ukrainien, c'est rudement bon. A notre sortie, il s'est mis à neiger, environ 5cm de plus dans les rues, et la température est en train de gentiment descendre. Ici, ça fluctue très vite:

Mais ce qui m'a le plus surpris hier, c'est un défilé des nationalistes. Anna et Sasha m'avaient donné rendez-vous sur Khreshchatyk, le boulevard principal du centre de Kiev. Le vendredi et le week end, il est fermé à la circulation et les habitants de Kiev prennent plaisir à se l'approprier à pieds. En marchant sur ce boulevard, on a croisé un défilé de nationalistes. Ils criaient des slogans comme "l'Ukraine est slave". Mes deux guides me montraient les différentes nuances composant ce défilé, qui comprenait aussi une représentation qu'ils qualifiaient de "fascistes / skinheads". Ce qui était très amusant pour moi, c'est qu'ils se laissaient tous prendre en photo sans broncher. Pas même un regard de travers, c'en était presque un peu décevant. Ca change de certaines manifestations en Suisse où l'animosité envers les médias est très palpable.

Mais ce défilé était aussi surprenant pour d'autres raisons. C'est la troisième manifestation que je vois dans ce pays et j'ai vraiment l'impression de voir autre chose que les manifestations en Suisse. Ici, tout le monde arbore des drapeaux, certains ont même une espèce d'uniforme aux couleurs du mouvement qu'ils défendent. Ils sont tous bien alignés, personne ne dépasse des lignes, ça donne une impression de manifestants professionnels. Des différentes manifestations que j'ai vu, il n'y a jamais eu de débordements quelconques, la contestation se limite à des banderoles et des slogans. Et finalement, ces manifestations se cantonnent physiquement à un espace de liberté bien défini: le boulevard Khreshchatyk fermé à la circulation. Le défilé d'hier soir a commencé au début de la rue et s'est arrêté à l'autre bout, quelques centaines de mètres plus loin. C'est un peu comme si tout était fait pour ne pas déranger.

Le pont des amoureux by Niels Ackermann

En visitant Kiev avec Romain, on avait loupés le pont des amoureux (cette phrase peut porter à confusion, mais c'est uniquement a cause de vos cerveaux ramollis par la télévision, facebook et le R'n'B), et pourtant on était passés vraiment pas loin. Je l'ai découvert sur City Eye, des panoramas sélectionnés de Kiev.

J'ai trouvé ça adorable et tout à fait adéquat pour un billet de nouvel-an.

Vous pouvez lire son histoire ici. C'est assez cocasse qu'il soit aussi surnommé le pont des suicidés.

Des nouveaux amis by Niels Ackermann

Je sais pas si c'est le fait d'être seul, mais je trouve que les gens se laissent plus facilement photographier que durant cet été. Le contact passe aussi assez bien. Mais j'ai pas grand chose de bon de ce matin, la lumière était assez infâme et j'ai surtout profité de reprendre un peu mes repères dans la ville. Par contre, je suis tombé tout à l'heure sur deux étudiants qui animent un stand de distribution de matériel pro-Yulia Tymoshenko (d'ailleurs si quelqu'un veut un calendrier avec la photo du tigre, avertissez moi). Ils m'ont proposé de venir voir avec eux les festivités organisées par son parti à Maydan pour nouvel an. Ils ne savent pas si Yulia sera présente, mais ça me surprendrait qu'elle louperait une occasion telle de faire un petit show. J'espère que j'arriverai à me faufiler là où je veux malgré la foule et le fait que j'aie pas trouvé comment s'accréditer (je sais pas si c'est nécessaire).

Si jamais je ne reposte pas un billet avant, je vous souhaite à tous une bonne fin de 2009 et une année 2010 retentissante. 2009 aura été une année difficile pour pas mal d'amis et de proches, j'espère que la nouvelle année sera un meilleur millésime.

Ah et mon numéro ukrainien est activé au cas où vous auriez besoin de me contacter: +380 99 504 11 63 Edit: je m'étais trompé de num, mais là c'est le bon

Yulia des blés by Niels Ackermann

Ca y est, j'y suis! Pour l'instant tout se déroule à merveille, malgré mes craintes. L'avion de Munich à Kiev a eu deux heures de retard à cause de la glace sur la piste d'atterrissage de Kiev. Effectivement, la piste était encore bien verglacée à notre arrivée. S'en est suivi le passage à la douane: 30 minutes d'attente. Les douaniers du coin prennent leur tâche (ouvrir le passeport, faire un tampon, tamponner la feuille où on dit qu'on est touriste, nous rendre tout ça) très à coeur et font durer le plaisir. Au moins une minute par personne.

Puis, ce sont les bagages qui se sont fait attendre: encore une vingtaine de minutes.

Puis le trajet en bus jusqu'à la gare, ralenti par la circulation et la neige, il a duré un peu plus d'une heure. Mais bon, ça repose. Heureusement, la réception de l'hôtel était encore ouverte à mon arrivée. Je soupçonne d'ailleurs la standardiste (une très sympathique babouchka) de se rappeler de moi. On était venus au même endroit cet été Romain et moi. Nous avions la chambre 408, j'ai la 508 et les meubles sont absolument identiques.

Sinon, c'est très joli une ville comme Kiev sous trente centimètres de neige. On dirait un peu une espèce de super-Verbier. D'ailleurs, j'ai croisé dans le métro deux snowboarders: Sergueï et Roman. J'irai voir demain l'endroit où ils vont surfer. Ca a l'air près du centre. J'ai profité qu'ils parlent anglais pour leur demander si ils suivent un peu la campagne présidentielle, mais non, les jeunes ukrainiens sont comme les jeunes européens (en tout cas eux), ils s'en foutent complètement.

Mais visiblement tout le monde ne s'en fout pas, à voir le nombre hallucinant d'affiches des candidats qu'on trouve dans les rues. Sur le trajet en bus entre l'aéroport et la gare (faudra d'ailleurs m'expliquer pourquoi ils ont construit cet aéroport aussi loin de la ville), j'ai pu me faire plusieurs fois le tour de tous les candidats. Je soupçonne que la crise y soit pour quelque chose. Le prix des espaces publicitaires a chuté avec la chute de la demande.

Il y a une affiche magnifiquement kitch de Yulia avec un tigre des neiges, tiré de sa publicité (qui passe Vraiment à la télé, je confirme):

Vous pouvez trouver la traduction de cette pub sur cet excellent blog.

Sinon dans les autres, il y a celles du candidat Arseniy Yatseniuk que j'arrive pas tellement à comprendre. Des lignes en diagonales dans des couleurs très militaires, une typo style stencil qui va aussi dans cet esprit. On dirait un peu des affiches tirées du jeu Half Life. Je vous montrerai ça demain.

Maintenant, je vais essayer de trouver un truc à manger (il est 23h40) et voir un peu sur Maydan si il y a des choses qui se préparent pour demain.