On y est! La réalité a rejoint la fiction. En tentant de censurer Wikileaks, les Etats occidentaux -aidés de quelques entreprises- ont ouvert la boîte de Pandore des guerres virtuelles. On les attendait du côté de virus développés par des Etats et dirigés contre d’autres, à la manière de Stuxnet qui aurait été mis au point pour déstabiliser le programme nucléaire iranien. Mais au final, c’est par une guerre civile planétaire que nous entrons dans cette nouvelle ère.
Les attaques de Denial Of Service n’ont rien de nouveau, ni même menées contre des sites importants. Les exemples historiques ne manquent pas.
Mais ce qui est nouveau ici, c’est que les attaques, qui, au cours de cette semaine ont bloqués -entre autres- les sites de Visa, Mastercard, Postfinance ou Paypal n’ont plus besoin d’être le fait d’informaticiens chevronnés. Il suffit de télécharger un simple logiciel, puis de suivre des indications enfantines (vous pouvez télécharger la version hive mind depuis ce lien), pour transformer sa machine en robot à même de contribuer à attaquer les cibles désignées (disclaimer: vous êtes assez grands pour savoir ce que vous risquez en participant… Mais vu que de nombreux virus font peut-être déjà de votre PC un botnet sans que vous ayez été inquiétés pour, on peut dire que le risque est proche de zéro).
Cette facilité permet la levée très rapide d’une armée potentiellement très nuisible de civils contre différentes cibles virtuelles publiques ou privées.
Il est difficile de chiffrer l’ampleur de cette armée de machines prêtes à neutraliser temporairement tout site qui entravera d’une manière ou d’une autre la liberté d’expression (ou tout autre droit fondamental à défendre au futur), mais on peut déjà se faire une idée de la force de frappe en observant le nombre de téléchargements de LOIC sur Sourceforge.
La hausse est massive depuis une semaine, et ce graphique ne représente qu’une partie des téléchargements. LOIC est disponible depuis de nombreux autres mirroirs, ou sur bittorrent (attention quand même, la fiabilité des sources n’est pas garantie).
Si quelques centaines de machines ont suffit à immobiliser postfinance pendant plus d’une journée, imaginez la force de frappe d’un groupe de plusieurs dizaines de milliers voire centaines de milliers de machines. Ce qui est sûr, c’est que la société civile détient désormais sur Internet la capacité d’immobiliser un site web durant quelques heures (ou plusieurs jours si les gens le souhaitent et si la mobilisation est suffisante). Nations ou multinationales se retrouvent désormais aussi vulnérables que n’importe quel individu sur la toile. Une fantastique situation d’anarchie où personne n’est placé au dessus des autres.
En tentant de censurer le web, les Etats, et les entreprises qui collaboreront, risquent désormais de subir un violent retour de balancier. Bloquer Visa.com ou Mastercard.com quelques heures est essentiellement symbolique. Mais empêcher les transactions de postfinance.ch ou de paypal.com durant quelques jours pourrait avoir des conséquences économiques bien réelles. La menace est donc désormais bien présente et elle influencera certainement les décisions politiques futures. Quelles seraient les conséquences d’une extradition d’Assange vers les USA en terme de mobilisation virtuelle? L’équilibre des forces n’a jamais été aussi favorable aux individus.
Le blog de pandalabs présente un très instructif et détaillé log des différentes attaques menées par Anonymous (et les différents participants) dans le cadre de son opération payback contre les anti-wikileaks. On y apprend notamment que le site postfinance.ch a été inaccessible pendant 33 heures, que les attaques ont poussé l’hébergeur du bureau d’avocats des deux filles prétendant avoir été violées par Assange à supprimer leur site de ses serveurs, et qu’il existe désormais une version Javascript de LOIC, permettant de lancer des attaques depuis n’importe quel navigateur web (smartphones compris) et sans rien installer.
L’organe en charge de la sécurité informatique pour la Confédération fait à peu près la même lecture que moi des événements récents, à la différence qu’il s’inquiète du fait que les Citoyens puissent, pour une fois, avoir une capacité de nuisance égale à la leur.

Mon quartier au coucher du soleil (soit vers 18h)
Bon sang, je suis vraiment nul des fois. Trois mois sans rien poster. Au début c’était parce que je voulais attendre d’avoir bien fait les repérages, ensuite c’était par manque de temps, et maintenant c’est parce que j’ai trop de matériel et que je n’ai pas le temps de faire le tri qui s’imposerait, et encore moins de faire des petits montages multimédia.
Pour ceux qui n’ont pas déjà eu les infos que ce soit par mail, facebook ou twitter, tout va bien. En trois mois, j’ai eu le temps de passer par différents états plus ou moins sympathiques, mais maintenant, ma vie camerounaise correspond enfin à ce que j’en attendais. Il aura fallu beaucoup de travail pour rendre la maison sympathique, mais le résultat est plus que satisfaisant. En plus, j’ai trouvé des sources pour me procurer tous les aliments dont j’ai besoin (même du thé froid citron en poudre! Je n’en reviens toujours pas).
En guise de premier rattrapage, quelques photos en vrac pour vous montrer un peu Douala. J’espère pouvoir vous envoyer quelque chose d’un peu moins décousu bientôt.

Un des chemins qui mène à ma maison. Il y avait peut-être une route avant que la pluie ne l'emporte.

Une démonstration de danse durant une fête du collège où je travaille

Hop, un petit feu de pneus pour fertiliser le sol.

Blacka, le chef de la brigade d'auto-défense du quartier. Une brigade très efficace d'après les voisins.

Samuel, un de mes jeunes voisins. Quand il est seul, il est adorable. Mais en duo avec un de ses amis, ils deviennent ingérables.

Tonton Paul (Paul Biya), le président du pays depuis 29 ans.

Une photo du pot de départ au Calamar. Merci à tous d'être venus. Ca m'a fait très plaisir.
Ca y est! Le projet germait depuis près d’une année, désormais il se concrétise. Je tape ces quelques lignes depuis Zurich, en attendant l’avion qui me déposera à Douala, capitale économique du Cameroun pour les dix prochains mois.
J’ai longtemps vécu le fait de ne pas être réformé de l’armée (contrairement à 95% des mecs de ma volée) comme une punition, une humiliation voire un échec dans mon parcours de vie. C’était jusqu’à ce que je décide de me renseigner sur les opportunités offertes par le Service Civil. Passionné de voyage, j’ai filtré pour ne voir que les affectations à l’étranger. Très rapidement, j’ai croché sur deux cahiers des charges: la Fondation Hirondelle, qui développe des médias indépendants dans des zones de crise, et le DM (département missionnaire) qui cherchait un professeur d’informatique. Deux postes qui me semblaient à ma portée et passionnants. C’est le DM qui m’a proposé en premier une affectation longue. J’avais au début peur que ma distance vis-a-vis des religions soit un obstacle (tant du côté côté que du mien), mais, au cours des différents entretiens, j’ai pu éloigner ces craintes. Voilà comment la punition militaire s’est transformée en une formidable opportunité.
Je vivrai dans le quartier “très populaire” de New Bell, et j’enseignerai l’informatique dans le collège du même nom. Une très belle expérience en perspective: des rencontres multiples, la découverte de conditions de vie différentes, un paysage (et un climat) très différents.
A côté de ce job d’enseignant, j’aimerais alimenter un peu ce blog de petits articles sur la vie là bas, un peu comme j’avais fait en Ukraine. Je ne sais pas exactement ce que ça donnera, les variables sont multiples: quelle sera la qualité de la connexion, aurais-je le temps, que dire et que ne pas dire. Contrairement à l’Ukraine, je me rends au Cameroun au nom d’une organisation, une organisation implantée dans le pays de surcroît. Une phrase mal interprétée pourrait avoir potentiellement d’autres conséquences que quand je vais quelque part à titre individuel.
Les adieux étaient déchirants, surtout qu’aucun retour en Suisse n’est prévu avant juin. Mais arrivé à Zurich, je sentais la joie de voyager revenir. Ca fait du bien!
L’embarquement ne va pas tarder. J’espère trouver une connexion internet assez rapidement pour faire part des premières impressions.
Hier, Xavier Studer, le journaliste telecom de la RTS annonçait la sortie de la nouvelle application iPhone du site TSR info. J’y voyais l’opportunité de lancer un débat sur l’utilité réelle de ces applications, mais en fait non. Du coup je le fais ici.
Il semble y avoir un consensus, au sein des groupes de presse et des médias télé, autour de la nécessité de sortir son application pour iPhone (puis iPad, puis Android et pour les plus généreux aussi Blackberry… Palm non. faut pas déconner!).
Or, concrètement, on sait très bien que ces applications ne sont pas des chefs-d’oeuvre de multitâche (malgré toutes les qualités que je leur reconnais). Alors n’est-il pas un peu fantaisiste d’imaginer un utilisateur ouvrir l’application Tribune de Genève pour lire ses derniers articles, puis retourner sur l’accueil, ouvrir l’application le Matin, puis retourner sur l’accueil, ouvrir l’application Le Monde et ainsi de suite? C’est une perte de temps absolue, et très peu de ces applications offrent un réel plus (tel que de la consultation hors ligne par exemple) qui les différencie du site du journal.
Plutôt que de dépenser des sommes astronomiques dans toutes ces applications, pourquoi les rédactions n’investiraient-elles pas dans des bons sites web? Tous les standards existent et sont implémentés dans les smartphones actuels. L’iPhone, l’iTouch, l’iPad, les Android, le Palm Pre et certainement les derniers blackberry sont tous très aux normes concernant le HTML5, le CSS3 etc. Ils sont également capables de lire les vidéos en H264. Avec tous ces éléments, on peut faire des sites pour smartphones (et tablettes) qui soient bourrés de superbes fonctions, comme dans les programmes, mais avec l’avantage qu’un seul développement coûte bien moins cher que trois ou quatre, qu’il n’y a pas de dépendance du bon vouloir d’Apple et qu’on devient compatible avec les futures machines, qu’importe leur fabricant et qu’importe ce qui sera tendance dans deux ou trois ans.
Les sites actuels des journaux sont assez mauvais, surtout en consultation mobile. Ils se contentent généralement de proposer moins que ce qu’on peut voir sur un ordinateur traditionnel, qui n’est déjà pas souvent très développé. Alors qu’en fait, vu la compatibilité aux normes de ces nouveaux périphériques, on pourrait en offrir plus que sur un ordinateur traditionnel. Sur ces derniers, Internet Explorer reste la tache indélébile qui empêche tout progrès pour encore bien une décennie.
Je sais pas si ce billet va servir à quelque chose, mais vu que certains confrères me lisent, peut-être arriveront-ils à raisonner leurs chefs. Investir dans des applications juste pour lire le contenu d’un site web, c’est une absurdité totale: ça coûte une fortune (une fois développée, l’application doit être mise à jour et adaptée aux versions futures du système), c’est risqué (apple peut par exemple très bien la refuser), c’est anti-ergonomique et ça fait perdre un potentiel marché considérable, à moins d’investir des sommes énormes pour décliner son application pour toutes les plateformes, sommes qui me semblent quasi impossibles à rembourser dans le contexte actuel.
Les applications disponibles sur ces plateformes il y en a des très utiles (je devrais faire un de ces jours la liste de mes favorites), mais je n’en connais aucune d’un groupe de presse que j’aie ouvert plus de deux fois. C’est pas la même chose pour vous?