Protéger son matériel photo dans une région humide

À quelques semaines de la fin de mon séjour au Cameroun, le moment pour un petit “do’s and don’ts” concernant le stockage du matériel photographique en région tropicale (donc humide) me semble adéquat. Pour vous donner une idée, dans ma maison (qui n’est hélas pas climatisée) à Douala, l’humidité relative varie entre 68% quand il fait très chaud et 86% aux pires moments. Et la température oscille entre 28 et 35°C (à 28°, il m’arrive désormais de regretter de ne plus avoir de pull…). Des conditions idéales pour transformer à peu près n’importe quoi en yaourtière, y compris votre précieux matériel photo. Pas forcément en un jour, mais en quelques semaines sans trop de doutes.

Ma première tentative de régler le problème s’est avérée être un fiasco total: je stockais dans un sac étanche (Sea To Summit Dry Sack) mon boitier et mes objectifs avec un gros sachet de silicagel que j’utilisais depuis des années (et pour lequel je n’avais aucun moyen de vérifier s’il était sec). Deux semaines plus tard, en ouvrant le sac, j’ai constaté que la sangle était couverte de moisissures… Des champignons avaient aussi commencés à se former sur les filtres UV des objectifs et derrière les vitres protégant les écrans de mon 5d II… Certains champignons attaquant le verre de manière irrémédiable, il était impératif de passer à une méthode plus efficace, sous peine de voir environ 7’000 CHF de matériel pourrir sous mes yeux. En accumulant différentes informations sur les conditions cadres dans lesquelles se forment ces moisissures, et en profitant d’un passage en Suisse à Noel pour récupérer quelques commandes ebay, j’ai pu revoir ma stratégie pour quelque chose de radicalement plus efficace:

La boîte

Adieu le sac étanche (il me servira certainement un jour cela dit), je range désormais tout le matériel dans une grosse boite hermétique transparente. Tout ce que j’ai trouvé à Douala, c’est une boîte Curver de 12 L. La lumière semble être un premier ennemi des moisissures, donc une boîte transparente exposée au soleil devrait permettre d’éviter de créer des conditions favorables à la prolifération. J’avais aussi rapporté de Suisse des boites hermétiques de la migros (les topline de 0.75L). Leur contenance est idéale pour bien ranger les disques durs externes et leurs câbles. Eux aussi risquent de voir leur durée de vie réduite à cause de l’humidité.

La déshumidification

Mon pote le silicagel de chez Hydrosorbent!

À l’intérieur de notre boîte, il nous faut encore réduire le taux d’humidité à un niveau plus recommandable pour stocker du matériel photo (environ 40%). Pour ça, la meilleure solution reste le silicagel. Mais il existe différentes options. Contrairement à d’autres désicants, le silicagel présente l’intérêt de pouvoir être régénéré en le chauffant pendant quelques heures. Certaines préparations à base de silicagel contiennent même un indicateur coloré qui les fait passer du bleu quand il est sec au rose quand il est humide (et inversement quand on le régénère). Si vous savez que vous aurez un four sous la main, la solution d’hydrosorbent est fantastique. Un petit container métallique avec 40g de silicagel avec indicateur coloré. A environ 5$ pièces, on peut en prendre plusieurs et en glisser un peu partout (sac photo, rangement des disques durs externes etc). J’en garde toujours un neuf dans son emballage pour une éventuelle urgence, comme un appareil qui tomberait dans l’eau par exemple. En 3h à 100°C au four, ils sont secs. La petite vitre au milieu permet de vérifier la couleur de l’indicateur coloré. Et ça marche bien!

Et si vous n’avez pas de four mais de l’électricité, Eva Dry propose des packs un peu plus massifs, mais équipés d’un corps de chauffe et d’une prise (format US, mais compatible 220V). 8h sur le courant et c’est sec. De nouveau l’indicateur coloré permet de vérifier. Avec ça, l’humidité dans ma boîte oscille entre 26% (quand le pack vient d’être régénéré) et 46%. J’ai posé un petit hygromètre à l’intérieur pour vérifier, on en trouve pour pas cher chez Dealextreme, alors je voyais pas pourquoi me priver de cette information.

Si vous n’avez ni four ni électricité, vous pouvez toujours opter pour les hydrosorbent et essayer de les régénérer autrement (près d’un feu de bois, sur le couvercle d’un barbecue etc), mais vous risquez de flinguer l’indicateur coloré si la température est trop haute.

La solution confort

Un autre moyen efficace de réduire l’humidité dans une pièce, c’est la climatisation. Si vous stockez votre matériel dans une pièce toujours climatisée, vous n’avez pas trop de soucis à vous faire. Mais cette solution n’est pas la meilleure à mon avis: dans un pays comme le Cameroun, les coupures de courant sont trop fréquentes et peuvent durer trop longtemps pour s’en contenter comme unique solution. De plus, si vous refroidissez votre matériel, en l’utilisant à l’extérieur trop rapidement après l’avoir sorti de chez vous, il risque de se recouvrir de condensation très rapidement.

Les autres équipements électroniques (ordinateurs etc) risquent aussi de souffrir de l’humidité, mais pour des questions pratiques, je n’ai pas pris de mesures particulières concernant le rangement du mac. Je le nettoie régulièrement avec une bombe d’air comprimé. C’est d’ailleurs peut-être là un des seul défaut de mon nouveau MacBook Air: ses vis (des Torx avec les bouts arrondis) sont très exotiques et je ne peux donc pas ôter le capot inférieur pour déloger efficacement la poussière.

Ma combine contre le vilain virus des clé usb

Travailler dans l’informatique au Cameroun, ça veut dire passer énormément de temps à lutter contre des virus très exotiques qui circulent sur les clés usb. L’informatique africaine subit en effet plusieurs influences qui en font un terreau fertile pour les virus informatiques:

Conséquence, on voit ici pulluler des virus dont on avait complètement oublié l’existence en Europe. Le plus ennuyant que j’aie vu ici transforme tous les dossiers d’une clé usb en des raccourcis qui pointent en fait vers un fichier infecté. Les vrais dossiers ne sont heureusement pas effacés, mais ils sont cachés sous la forme de dossiers systèmes.

Vu que ce problème touche mes collègues régulièrement, je pense que ma solution (utilisable sur windows) peut intéresser pas mal de monde. On trouve un peu partout sur le net une commande dos, j’en ai ajouté deux autres pour compléter le nettoyage. Le plus pratique est de copier-coller ces commandes dans le notepad, de sauver ça avec l’extension .bat, comme ça vous n’avez plus qu’à double cliquer sur ce fichier pour l’exécuter. Si votre clé usb est sur la lettre e:, les commandes seront les suivantes (si c’est une autre lettre, vous changerez le e:\ par la bonne lettre)

attrib -h -r -s /s /d e:\*.*
del e:\*.lnk
del e:\autorun.inf

Ces trois commandes vont successivement: remettre aux dossiers cachés des attributs de dossiers normaux, supprimer tous les raccourcis et supprimer l’autorun (qui tente d’exécuter le virus dès l’introduction de la clé). Il ne reste plus qu’à enlever les quelques exécutables crées par les virus (qui ont des noms variables il me semble), et le tour est joué.

Avant cela, je vous conseille quand même d’installer un antivirus qui marche histoire d’éviter d’infecter votre machine. J’utilise Avira avec succès.

Paparazzi récompensé aux Swiss Press 2010

Wiliam, prépare son matériel au petit matin afin de saisir un des premier moments de liberté conditionnelle de Roman Polanski. Gstaad, décembre 2009

Je ne suis pas très concours en général, mais avec le Swiss Press Photo, c’est quelque chose de particulier. Depuis que j’ai 14-15 ans, j’aime feuilleter le catalogue des lauréats, c’est en partie là dedans que j’ai découvert et admiré le travail de l’agence avec laquelle j’ai aujourd’hui la chance de travailler. Je regardais ces reportages en me disant “un jour ça sera moi qui aurai des photos là dedans”. C’est le cas depuis les deux dernières éditions (le botellon et le reportage sur la communauté latino en pour l’édition 2008, le reportage sur les gamers pour celle de 2009). Mais les séries que j’envoyais n’étaient jusque là pas dans le trio de tête. Le livre présente en effet les trois premiers travaux de chaque catégorie, puis quelques images qu’ils ont apprécié parmi les candidatures restantes.

Cette année, deux de mes reportages sont présents dans le livres. Le reportage sur les Paparazzi est arrivé 2e de la catégorie Actualité, et mes photos des élections ukrainiennes sont publiées dans la catégorie International (mais ne sont pas dans le trio de tête). En plus, la sélection des images présentées correspond beaucoup à celle que j’aurais fait. Ca me fait vraiment plaisir!

Je profite de l’occasion pour remercier les magazines qui ont rendu ces sujets possibles: L’Illustré qui m’a envoyé à Gstaad pour suivre les Paparazzi, et l’Hebdo qui a fortement soutenu mon projet en Ukraine. Leur soutien, durant une période relativement difficile pour la presse suisse était très apprécié. Et merci aussi aux journalistes qui m’ont accompagnés pour ces sujets: Tasha Rumley en Ukraine et Arnaud Bédat à Gstaad, ainsi qu’à Wiliam, le photographe qui m’a laissé le suivre durant son travail.

Merci aussi à Patrick qui m’a informé de ce résultat, car au Cameroun, on ne trouve hélas pas le livre du Swiss Press. D’ailleurs, si vous êtes à Genève en mai, allez voir son exposition de photos réalisées à Champ Dollon et à Bochuz. C’est du 6 au 28 mai à la Halle Nord, et le vernissage a lieu le 5 mai à partir de 18h.

Quelques conseils de sécurité informatique pour les nuls

Protéger ses données numériques, c’est devenu important, et ça risque de le devenir encore plus dans les années à venir. Pourquoi? Pour trois raisons: d’abord parce que nos vies passent de plus en plus par là. Que ce soit pour faire nos achats, organiser notre vie professionnelle ou échanger des informations, la majeure partie de notre activité et de notre existence est désormais liée à l’informatique. Ensuite, parce qu’au cours de l’année qui vient de s’écouler, les gouvernements ont commencé à prendre la mesure du pouvoir que ces outils peuvent exercer contre eux (wikileaks, révolutions twitter…). Et finalement, parce qu’avec la multiplication des périphériques sur lesquels nos informations sont stockées (avant, un simple ordinateur à la maison, désormais une multitude de smartphones, de netbooks, tablettes, clés usb etc), on multiplie le risque qu’elles tombent un jour entre des mains indésirables.

Les réglementations en cours d’élaboration (Loppsi en France, ACTA etc) tendent à donner aux gouvernements toujours plus d’outils légaux permettant de surveiller les échanges privés des individus, et la tendance ne va certainement pas aller en s’inversant. Les hommes de l’Etat s’ajoutent donc progressivement à la liste des personnes indésirables pouvant potentiellement aller fouiller dans votre vie numérique.

Faire preuve de vigilance n’est donc plus une question de paranoïa, mais est en train de devenir un simple geste de bon sens moral.

J’ai donc regroupé dans ce billet quelques trucs que j’ai accumulé ces derniers mois, et qui permettent, je pense, de réduire grandement les risques sans pour autant nécessiter d’investissements considérables en temps ou en argent.

Attention, c’est un long article!

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