Faire ses valises pour dix mois

Une photo du pot de départ au Calamar. Merci à tous d'être venus. Ca m'a fait très plaisir.

Ca y est! Le projet germait depuis près d’une année, désormais il se concrétise. Je tape ces quelques lignes depuis Zurich, en attendant l’avion qui me déposera à Douala, capitale économique du Cameroun pour les dix prochains mois.

J’ai longtemps vécu le fait de ne pas être réformé de l’armée (contrairement à 95% des mecs de ma volée) comme une punition, une humiliation voire un échec dans mon parcours de vie. C’était jusqu’à ce que je décide de me renseigner sur les opportunités offertes par le Service Civil. Passionné de voyage, j’ai filtré pour ne voir que les affectations à l’étranger. Très rapidement, j’ai croché sur deux cahiers des charges: la Fondation Hirondelle, qui développe des médias indépendants dans des zones de crise, et le DM (département missionnaire) qui cherchait un professeur d’informatique. Deux postes qui me semblaient à ma portée et passionnants. C’est le DM qui m’a proposé en premier une affectation longue. J’avais au début peur que ma distance vis-a-vis des religions soit un obstacle (tant du côté côté que du mien), mais, au cours des différents entretiens, j’ai pu éloigner ces craintes. Voilà comment la punition militaire s’est transformée en une formidable opportunité.

Je vivrai dans le quartier “très populaire” de New Bell, et j’enseignerai l’informatique dans le collège du même nom. Une très belle expérience en perspective: des rencontres multiples, la découverte de conditions de vie différentes, un paysage (et un climat) très différents.

A côté de ce job d’enseignant, j’aimerais alimenter un peu ce blog de petits articles sur la vie là bas, un peu comme j’avais fait en Ukraine. Je ne sais pas exactement ce que ça donnera, les variables sont multiples: quelle sera la qualité de la connexion, aurais-je le temps, que dire et que ne pas dire. Contrairement à l’Ukraine, je me rends au Cameroun au nom d’une organisation, une organisation implantée dans le pays de surcroît. Une phrase mal interprétée pourrait avoir potentiellement d’autres conséquences que quand je vais quelque part à titre individuel.

Les adieux étaient déchirants, surtout qu’aucun retour en Suisse n’est prévu avant juin. Mais arrivé à Zurich, je sentais la joie de voyager revenir. Ca fait du bien!

L’embarquement ne va pas tarder. J’espère trouver une connexion internet assez rapidement pour faire part des premières impressions.

L’hystérie des iApps

Hier, Xavier Studer, le journaliste telecom de la RTS annonçait la sortie de la nouvelle application iPhone du site TSR info. J’y voyais l’opportunité de lancer un débat sur l’utilité réelle de ces applications, mais en fait non. Du coup je le fais ici.

Il semble y avoir un consensus, au sein des groupes de presse et des médias télé, autour de la nécessité de sortir son application pour iPhone (puis iPad, puis Android et pour les plus généreux aussi Blackberry… Palm non. faut pas déconner!).

Or, concrètement, on sait très bien que ces applications ne sont pas des chefs-d’oeuvre de multitâche (malgré toutes les qualités que je leur reconnais). Alors n’est-il pas un peu fantaisiste d’imaginer un utilisateur ouvrir l’application Tribune de Genève pour lire ses derniers articles, puis retourner sur l’accueil, ouvrir l’application le Matin, puis retourner sur l’accueil, ouvrir l’application Le Monde et ainsi de suite? C’est une perte de temps absolue, et très peu de ces applications offrent un réel plus (tel que de la consultation hors ligne par exemple) qui les différencie du site du journal.

Plutôt que de dépenser des sommes astronomiques dans toutes ces applications, pourquoi les rédactions n’investiraient-elles pas dans des bons sites web? Tous les standards existent et sont implémentés dans les smartphones actuels. L’iPhone, l’iTouch, l’iPad, les Android, le Palm Pre et certainement les derniers blackberry sont tous très aux normes concernant le HTML5, le CSS3 etc. Ils sont également capables de lire les vidéos en H264. Avec tous ces éléments, on peut faire des sites pour smartphones (et tablettes) qui soient bourrés de superbes fonctions, comme dans les programmes, mais avec l’avantage qu’un seul développement coûte bien moins cher que trois ou quatre, qu’il n’y a pas de dépendance du bon vouloir d’Apple et qu’on devient compatible avec les futures machines, qu’importe leur fabricant et qu’importe ce qui sera tendance dans deux ou trois ans.

Les sites actuels des journaux sont assez mauvais, surtout en consultation mobile. Ils se contentent généralement de proposer moins que ce qu’on peut voir sur un ordinateur traditionnel, qui n’est déjà pas souvent très développé. Alors qu’en fait, vu la compatibilité aux normes de ces nouveaux périphériques, on pourrait en offrir plus que sur un ordinateur traditionnel. Sur ces derniers, Internet Explorer reste la tache indélébile qui empêche tout progrès pour encore bien une décennie.

Je sais pas si ce billet va servir à quelque chose, mais vu que certains confrères me lisent, peut-être arriveront-ils à raisonner leurs chefs. Investir dans des applications juste pour lire le contenu d’un site web, c’est une absurdité totale: ça coûte une fortune (une fois développée, l’application doit être mise à jour et adaptée aux versions futures du système), c’est risqué (apple peut par exemple très bien la refuser), c’est anti-ergonomique et ça fait perdre un potentiel marché considérable, à moins d’investir des sommes énormes pour décliner son application pour toutes les plateformes, sommes qui me semblent quasi impossibles à rembourser dans le contexte actuel.

Les applications disponibles sur ces plateformes il y en a des très utiles (je devrais faire un de ces jours la liste de mes favorites), mais je n’en connais aucune d’un groupe de presse que j’aie ouvert plus de deux fois. C’est pas la même chose pour vous?

Budapest

Un homme fait la sieste dans une étendue d'herbe près de la gare Nyugati, à Budapest

N’en déplaise aux apparences, je suis toujours vivant. Je pensais avoir le temps de bloguer un peu comme je l’avais fait cet hiver en Ukraine, mais en fait non. Il faut dire que chaque billet que je postais depuis Kiev, c’était à chaque fois quelques heures de boulot. Un temps qu’on trouve assez facilement quand on passe trois semaines dans une ville, mais beaucoup moins quand on bouge tous les trois jours.

Un petit compte rendu du périple est-européen suivra quand j’aurai eu le temps de trier les photos. Mais j’avais déjà envie de mettre celle là en ligne parce que je sais qu’elle n’ira sans doute dans aucun de mes tri.

Et dès septembre, c’est la grande aventure qui commence! Durant dix mois, je serai à Douala, au Cameroun pour enseigner l’informatique dans le cadre de mon service civil. Les occasions de rédiger quelques billets seront certainement nombreuses.

Chouette, le nouveau Lightroom est arrivé

J'avais plus été faire de photos de concerts depuis un moment. Ici Attavara, une toute récente formation, au Box.

Cool! J’avais peur de partir visiter les Balkans sans la nouvelle mouture de Lightroom. C’est un sérieux plus, parce que je gagne un peu au niveau réduction de bruit sur les images de mon GF1 autour de 1600-3200 iso. Du coup je pourrai me passer d’emporter le 5d mark II.

J’ai pas vraiment eu le temps de faire le tour des nouveautés, mais on peut mentionner les choses suivantes:

Les politiques tarifaires deviennent de plus en plus difficiles à défendre. Le logiciel est vendu 299$ aux US, 429.- en Suisse, soit 83.- de plus que le prix américain au taux de change d’aujourd’hui. Pour deux versions qu’on télécharge directement depuis les serveurs Adobe, donc certainement au même endroit pour l’achat suisse et l’achat US… C’est totalement absurde. Et c’est dommage parce que ces 83.- créent une belle différence entre un programme abordable et un programme cher. L’écart de marge serait certainement largement compensé par des ventes en plus, mais bon ça c’est les affaires d’Adobe…

Vous pouvez télécharger la démo ou l’acheter sur le site officiel.

PS: Si vous avez des amis ou des conseils d’endroits un peu alternatifs à visiter à Budapest, Belgrade, Mitroviça, Pristina, Sofia et Bucarest, hésitez pas à m’envoyer ça. Romain et moi serons par là pendant env 2 semaines fin juin.